Lors d’une déclaration politique avant la cérémonie de signature du traité européen à Lisbonne, la chancelière allemande Angela Merkel a critiqué les projets du président français consistant à renforcer la coopération entre les pays des deux côtés de la mer Méditerranée.
Le 12 décembre 2007, lors d’une déclaration du gouvernement devant le Bundestag (le Parlement allemand), Mme Merkel a affirmé qu’il ne devait pas y avoir une Europe des sociétés fermées. Il y a moins d’une semaine, Mme Merkel et M. Sarkozy s’était conjointement déclarés favorables au renforcement de la coopération entre l’UE et les pays de la Méditerranée.
Désormais, Mme Merkel a fait comprendre que l’Allemagne souhaitait jouer un rôle dans ce partenariat. Elle a en effet déclaré que s’il y avait des coopérations séparées spécifiques à des groupes au sein de l’UE, ces coopérations devaient être ouvertes à l’ensemble des Etats membres. Dans une référence explicite aux plans de Nicolas Sarkozy pour une Union méditerranéenne, elle a ajouté que l’Europe ne pouvait réussir que dans l’unité. Pour elle, c’est un aspect qu’il ne faut pas oublier, même si certaines discussions sont pesantes.
A la veille du sommet européen de Bruxelles le 14 décembre, les plans de Sarkozy pour une Union méditerranéenne sont largement perçus comme une solution alternative au terme « adhésion », supprimé, suite à la pression de la France, d’un document clé adopté en réunion des ministres européens des Affaires étrangères le 10 décembre (EURACTIV 11/12/07).
Suite à sa rencontre avec la chancelière le 6 décembre à Paris, Sarkozy a déclaré que les deux chefs d’Etat avaient « convenu (…) de travailler sur une proposition commune visant à associer tous les pays européens qui le voudraient au processus de l’Union de la Méditerranée ».
Parallèlement, Mme Merkel a souligné que l’Allemagne « soutiendrait les efforts d’initiative française ». Néanmoins, elle a ajouté : « je crois qu’il faudrait faire une offre en la matière à tous les autres Etats européens (…) Si tous les pays ne souhaitent pas participer, il est possible de le réaliser par le biais d’une coopération renforcée. Mais la région de la Méditerranée est notre mission à tous en Europe ».

