Le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a plaidé pour que l’UE et la Russie cessent de se comporter comme deux villes reliées uniquement par une route étroite et un gazoduc et se concentrent pour établir une relation économique et commerciale à long terme et mutuellement bénéfique, plutôt que de s’enfermer dans des tactiques politiques à court terme.
Lors d’une conférence au Centre UE-Russie le 17 octobre, le responsable du Commerce de l’UE a souligné la nécessité pour l’Europe et la Russie de mieux intégrer leur économie, afin de contrebalancer les pressions politiques inévitables qui menacent de les séparer.
D’après lui, pour deux grands voisins économiquement complémentaires, il y a un manque frappant d’intégration économique. Outre dans le domaine énergétique, les exportations de la Russie vers l’UE sont à peu près les mêmes que celles du Maroc ou de l’Argentine.
Il appelle Moscou à tirer profit de sa proximité avec le marché européen et à travailler à créer un climat politique et d’affaires stable, comprenant moins de barrières à l’import, afin d’attirer les investisseurs européens.
M. Mandelson estime que le premier facteur de confiance essentiel sera l’accession de la Russie à l’OMC. Il appelle le président Vladimir Poutine à résoudre rapidement les dernières questions en suspens qui empêchent son pays d’obtenir l’approbation de l’UE pour rejoindre l’organisation mondiale du commerce.
Il a ajouté que des questions stratégiques importantes comme celle-ci ne devraient pas être mises sur le même plan que les disputes sur les taxes et les interdictions d’exportation. Selon lui, ces questions ne devraient pas dominer la relation entre la Russie et l’UE, avant le sommet bilatéral clé au Portugal le 26 octobre, où les deux parties doivent discuter les futures perspectives des relations UE-Russie, ainsi que d’un certain nombre de question internationales et régionales, notamment le futur statut du Kosovo, le processus de paix au Moyen-Orient et le programme nucléaire de l’Iran.
Pourtant, au début de la semaine, la Pologne a de nouveau menacé de bloquer l’entrée de la Russie dans l’OMC, si Moscou refuse d’annuler l’embargo en vigueur depuis presque deux ans sur les exportations de viande et de produits laitiers polonais (EURACTIV 18/12/2006)
Cette dispute, ainsi qu’un autre litige sur l’imposition unilatérale par M. Poutine de taxes à l’exportation sur le bois brut, qui avait irrité la Finlande et la Suède, dont les industries de pâtes et papiers dépendent du bois russe, a également retardé les négociations sur un nouveau traité bilatéral de commerce et de coopération entre la Russie et l’UE.

