La chancelière allemande Angela Merkel semble être la candidate européenne idéale pour tenter de résoudre les tensions à propos de la Géorgie et pour remodeler les relations de l’Occident avec Moscou. Les analystes estiment en effet que l’Allemagne est le seul pays auquel la Russie pourrait prêter attention.
Les analyses publiées par deux journaux internationaux de référence estiment que l’Allemagne pourrait désormais assumer un rôle plus important au sein de l’UE grâce au changement d’attitude adopté par la chancelière. Jusqu’alors, l’Allemagne cultivait en effet des rapports traditionnellement chaleureux avec la Russie.
D’après Markus Walker, du Wall Street Journal, le scepticisme de Mme Merkel à propos de la politique étrangère de la Russie est en train de prendre l’ascendant sur la position des autres décideurs allemands, qui nourrissent depuis longtemps l’espoir d’une relation spéciale avec Moscou.
Sur un ton similaire, Judy Dempsey, de l’International Herald Tribune, estime que Mme Merkel a tenu bon sur les questions de politique étrangère. Aussi la Russie ne peut-elle plus s’attendre à une « sympathie automatique » de la part de la chancelière allemande. Dans ce contexte, la journaliste indique que l’Allemagne a désormais renforcé sa position au sein de l’Union Européenne : elle sera donc amenée à jouer un rôle plus important dans les relations à long terme de l’UE avec la Russie et le Caucase.
James Sherr, directeur du programme Russie et Eurasie au Royal Institute of International Affairs de Londres, a affirmé que l’Allemagne est le seul pays qui puisse mettre en garde la Russie. Selon lui, la Russie prête une oreille attentive à ce pays. Dès lors, l’Allemagne aura un impact sur la Russie si elle parvient à énoncer clairement les conséquences encourues par rapport à la Géorgie ou à toute autre décision que la Russie pourrait prendre.
Lors de sa visite au président géorgien Mikheil Saakashvili le 17 août à Tbilissi, Mme Merkel a indiqué que « la Géorgie sera membre de l’OTAN si elle le veut ». Cette déclaration constitue un tournant majeur dans la politique extérieure allemande. Il diffère pourtant sensiblement des vues exprimées par le ministre social-démocrate des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, qui devrait affronter Mme Merkel à l’occasion des élections générales de l’année prochaine.
Dans l’immédiat, cette déclaration ne signifie pas pour autant que l’Allemagne remet en question son opposition à l’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine à l’OTAN (EURACTIV 02/04/08).
Le démocrate-chrétien Eckart von Klaeden, proche de Mme Merkel et expert en politique étrangère au Parlement, a affirmé dans le Financial Times que l’Allemagne ne changera pas sa position au sujet de l’adhésion de ces pays à l’OTAN. Se référant au sommet de l’OTAN qui s’est tenu en avril dans la capitale roumaine, il a estimé que pour le moment, il ne fallait pas s’éloigner de la position adoptée à cette occasion.

