Nouveaux marchés de l’énergie : l’UE nerveuse face aux intentions russes [FR]

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Alors que les dirigeants européens se préparent pour le sommet extraordinaire sur la Russie dès aujourd’hui 1er septembre à Bruxelles, l’ancien président du pays Vladimir Poutine a indiqué que Moscou souhaite diversifier les marchés d’exportation du pétrole et du gaz. 

La Russie n’a « pas l’intention de limiter » ses exportations de pétrole et de gaz vers l’UE. « Nous allons strictement respecter nos obligations contractuelles », a déclaré l’ancien président russe Vladimir Poutine le dimanche 31 août. 

« Mais nous allons élargir et diversifier nos possibilités d’exportation de ces produits si nécessaires à l’économie mondiale », a-t-il annoncé. Le même jour, il aurait également appelé à achever au plus vite les travaux du nouveau gazoduc qui transportera le gaz sibérien vers les marchés asiatiques. 

Ces déclarations alimentent les spéculations sur l’éventuelle volonté de Moscou, qui pourrait chercher à tirer profit de la dépendance de l’Europe envers ses immenses réserves de pétrole et de gaz dans une intention géopolitique. Ce d’autant plus si les dirigeants européens décidaient aujourd’hui d’imposer des sanctions à la Russie pour ses actions en Géorgie. 

La Russie s’efforce de minimiser l’importance de ces craintes. Le 29 août, le ministre russe de l’Energie Sergueï Chmatko a déclaré que son pays avait travaillé de nombreuses années afin d’acquérir non seulement l’image, mais également le statut de fournisseur fiable d’énergie pour l’Europe, ajoutant que la Russie n’allait pas laisser ce statut souffrir, même avec la situation politique actuelle. 

En dépit de ces promesses, les récentes réductions de l’approvisionnement de la République tchèque (EURACTIV 31/07/08) ainsi que l’interruption de l’approvisionnement en Ukraine et en Biélorussie, qui ont laissé plusieurs pays européens sans pétrole (EURACTIV 11/01/07), sont toujours à l’esprit de dirigeants européens nerveux à propos de la dépendance du bloc à l’égard du pétrole et du gaz russes. 

Dimanche, le Premier ministre britannique Gordon Brown a déclaré au quotidien The Guardian qu’aucune nation ne peut être autorisée à exercer sa mainmise énergétique sur l’Europe. Il invite dès lors l’Europe à diversifier ses fournisseurs en pétrole. Selon la Commission, l’UE dépend de la Russie pour 30 % de son apprivoisement en pétrole et 50 % de son approvisionnement en gaz. 

Outre les projets de construction de gazoducs et d’oléoducs supplémentaires afin de contourner le territoire russe, l’UE aurait également entrepris une étude de faisabilité par rapport aux coûts qu’impliquerait la création de grandes réserves européennes de gaz dans l’éventualité d’une interruption de l’approvisionnement russe. C’est ce qu’a indiqué le 1er septembre le journal britannique The Daily Telegraph. 

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