Pas d’avancée dans les négociations UE-Russie [FR]

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Le 26 octobre, les négociations entre les responsables européens et russes à Mafra, au Portugal, ne se sont soldées par aucun progrès concernant les thèmes les plus sensibles de la relation entre les deux parties, notamment l’attitude scandalisée de la Russie vis-à-vis des projets européens de libéralisation de l’énergie et une dispute politique concernant l’interdiction russe sur les importations de viande en provenance de Pologne, qui bloque la conclusion d’un nouvel accord de partenariat et de coopération.

Même si le Premier ministre portugais José Socrates, dont le pays assure actuellement la présidence de l’Union européenne, a annoncé que le sommet allait permettre plusieurs avancées significatives, les progrès concrets restent rares.

Les deux principaux résultats ont été la signature d’accords concernant l’augmentation des importations d’acier de la Russie vers l’UE  et sur l’établissement d’une coopération plus étroite en matière de lutte contre le trafic de drogue. 

Hormis cela, les deux parties sont parvenues à un accord sur un nouveau « mécanisme d’alerte rapide » destiné à prévenir les crises potentielles d’approvisionnement en énergie grâce à l’amélioration de l’échange d’informations.

Mais les questions principales concernant la proposition de législation européenne pour les marchés du gaz et de l’énergie restent non résolues. La demande relative à la réciprocité pour les entreprises énergétiques européennes en Russie et à l’obligation pour les firmes étrangères de « séparer » leurs activités de production et de transmission en Europe, s’était en effet attirée les foudres de Moscou.

Dans un effort destiné à mettre un terme aux critiques concernant la situation des droits de l’homme en Russie, Vladimir Poutine a suggéré de créer un institut destiné à débattre et à promouvoir les droits de l’homme et la démocratie dans l’UE. Néanmoins, le président sortant a nié qu’il s’agissait d’un moyen de répondre aux attaques des ONG militant en faveur des droits de l’homme, qui critiquent continuellement la Russie.

Lors du sommet, il a affirmé aux journalistes que grâce aux subventions, l’UE aidait de tels instituts à se développer en Russie. Selon lui, il est temps pour la Russie d’offrir sa contribution à son tour.

L’UE a également souligné son soutien continu à la demande de Moscou pour devenir membre de l’Organisation mondiale du commerce. Néanmoins, aucune mention n’a été faire des principaux obstacles qui empêchent l’UE de donner son approbation finale, notamment les charges imposés par la Russie aux compagnies aériennes européennes souhaitant survoler la Sibérie et un différend politique concernant les importations de viande polonaise en Russie, qui bloque à la fois l’adhésion du pays à l’OMC mais aussi les négociations pour une nouvel accord bilatéral de partenariat et de coopération (APC). L’APC actuellement en vigueur devrait expirer en décembre 2007.

Le président de la Commission, José Manuel Barroso, admet qu’en toute honnêteté, certaines différences subsistent, mais que chacun était désireux de surmonter les difficultés. Selon ses propos, il s’agit d’un sommet pragmatique. Il s’est dit confiant : les questions restantes pourront, d’après lui, être résolues dans un futur proche.

Ce sommet a paru remplir un souhait mutuel de restaurer une certaine normalité dans les relations UE-Russie, marquées par un nombre croissant de tensions politiques et économiques, notamment sur les questions internationales, comme le futur statut du Kosovo, le processus de paix au Moyen-Orient et le programme nucléaire de l’Iran.

Le sommet a également souligné les tensions croissantes avec les Etats-Unis. Le président Poutine a en effet comparé le projet américain d’installer un bouclier antimissiles en Pologne et en République tchèque à la crise des missiles de Cuba en 1962, largement considérée comme le moment où le monde a frôlé au plus près une guerre nucléaire. 

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