Malgré les accusations de fraude électorale par les partis d’opposition, le président russe Vladimir Poutine a remporté une victoire personnelle au cours du week-end, (les 1er et 2 décembre) plus de 63 % des électeurs ayant soutenu le parti Russie Unie lors des législatives.
Avec 85,1 % des votes comptabilisés, la Commission électorale centrale de Russie a annoncé que le parti actuellement au pouvoir, Russie unie, avait remporté 63,2 % des votes. Seuls trois des dix autres partis candidats ont obtenu le soutien suffisant pour franchir le nouveau seuil de 7 %, nécessaire pour être représenté à la Douma d’Etat.
Tandis que le Kremlin salue ce résultat comme une solide victoire pour le président Poutine, les partis d’opposition menacent de contester en justice les résultats, déclarant que « la vague de violations dépasse toutes les normes ».
Le Parti communiste, arrivé deuxième avec 11,7 % des voix, a dénoncé le truquage des élections en faveur des partis proche de Russie unie, notamment le Parti libéral démocratique (8,4 %) et le parti Russie juste (8 %), composé de proches du Kremlin.
Pour Gennady Zyuganov, leader du Parti communiste, ce n’est plus un Parlement, mais une branche du Kremlin, un service du gouvernement. Il ajoute que son parti va réunir les preuves nécessaires pour contester en justice les résultats des élections devant la Cour suprême.
D’après Gary Kasparov, l’ancien champion du monde d’échecs, emprisonné pendant cinq jours la semaine dernière suite à la manifestation non autorisée organisée par son parti d’opposition, L’Autre Russie, contre les mesures de répression de Poutine à l’encontre des groupes d’opposition avant les élections, ils ne truquent pas simplement le scrutin, ils violent le système électoral.
Golos, le seul organe indépendant d’observation des élections en Russie, a convenu que la fraude avait été systématique. Selon Grigory Melkonyans, responsable adjoint de l’ONG, il ne s’agit pas d’incidents isolés, les plaintes viennent de toute la Russie.
L’organe de surveillance des élections de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), l’ODIHR, le principal organe d’observation des élections en Occident, avait refusé de surveiller le scrutin suite à un différend avec Moscou sur les délais de délivrance des visas pour ses observateurs. La chancelière allemande, Angela Merkel, avait critiqué le nombre insuffisant d’observateurs étrangers autorisés à surveiller les élections.
Tout en refusant tout commentaire sur les accusations de fraude, Boris Gryzlov, leader du parti Russie unie a déclaré que toute violation ne mettrait d’aucune façon en doute le résultat final.
Le scrutin pourrait accorder au seul parti de Vladimir Poutine jusqu’à 348 sièges sur les 450 que compte la Douma – bien plus que les 301 sièges nécessaires pour amender la constitution du pays – une initiative qui, s’il le souhaite, pourrait garantir à M. Poutine un troisième mandat consécutif en tant que président.
Alors que M. Poutine a déclaré qu’il ne le ferait pas, il a également fait savoir qu’une large victoire aux élections législatives lui donnerait un mandat moral pour continuer à jouer un rôle essentiel au terme de son deuxième mandat présidentiel en mai 2008, deux mandats étant le maximum actuellement autorisé par la constitution.
Des observateurs estiment qu’il pourrait chercher à conserver du pouvoir en tant que Premier ministre par la création d’un nouveau poste ou en tirant les ficelles si un proche du Kremlin reprenait le pouvoir. Jusqu’ici, Russie Unie est restée discrète concernant sa candidature pour les élections présidentielles de mars, mais une nomination officielle pourrait avoir lieu lors d’un congrès prévu ce mois-ci.

