Sanctions : la Russie confiante face au désaccord européen [FR]

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Une réunion des ambassadeurs de l’UE s’est achevée hier 28 août sans déboucher sur un consensus quant au niveau des sanctions à infliger à la Russie suite au conflit géorgien. Cette réunion précédait le sommet de crise convoqué par le président français Nicolas Sarkozy le 1er septembre.

Alors que certains pays dont la Grande-Bretagne, la Pologne et les trois Etats baltes appellent le bloc à adopter une position plus ferme qui impliquerait l’interruption des négociations sur le traité de partenariat UE-Russie, la France, l’Allemagne et l’Italie défendent une approche plus prudente. 

Jeudi 28 août, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a adressé des messages contradictoires, déclarant d’abord que l’UE envisageait des sanctions et qu’une décision serait adoptée au Conseil européen avant de se raviser et de déclarer que « la France ne propose pas de sanctions ». Expliquant sa position, il a ajouté que des sanctions contre Moscou « seront certainement abordées » et que « certains pays ont déjà demandé que les sanctions soient avancées ». 

David Miliband, le secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères, a notamment appelé à davantage de prudence par rapport aux plans de l’UE, qui souhaite signer un nouveau traité fondamental avec Moscou afin de remplacer l’accord remontant à 1997. Ce n’est que récemment que l’UE est parvenue à présenter un mandat pour négocier un tel traité (EURACTIV 24/06/08). 

Pendant ce temps, lors d’une visite à Kiev, M. Miliband a ajouté qu’à la suite du sommet, « un audit des relations UE-Russie doit nous assurer, dans tous les domaines, d’obtenir d’elle l’équivalent de ce que nous lui donnons ». 

Certains pays de l’Est membres de l’UE appellent en outre à d’autres sanctions éventuelles, notamment un durcissement du régime des visas. Mais cette position suscite elle aussi la controverse.

En raison de ces divisions, l’UE ne devrait sans doute pas prendre de mesures fermes et Moscou pourrait plutôt être puni indirectement, notamment au travers d’un renforcement des relations européennes avec la Géorgie et l’Ukraine. L’UE pourrait par exemple soutenir plus activement l’adhésion de l’Ukraine à l’Union et fournir de l’aide à la Géorgie tout en assouplissant le régime des visas pour ce pays. 

Le commissaire à l’Elargissement Olli Rehn a déjà indiqué que le sommet de l’UE pourrait être mis à profit pour marquer la solidarité européenne avec l’Ukraine face à la menace éventuelle de la Russie.

Sanctions européennes : la Russie confiante 

La dépendance de l’UE au gaz et au pétrole russes constitue le problème principal, sans oublier le fait que les économies de la Russie et de l’UE sont inextricablement liées. 

Hier à Bruxelles, Vladimir Tchijov, le représentant de la Russie auprès de l’UE, a dit « douter grandement » que l’UE allait imposer des sanctions à son pays. Si des sanctions étaient tout de même imposées, l’UE commettrait à son avis une grave erreur. 

« Je doute grandement que cela se produise. Mais théoriquement parlant, cela nuirait au moins autant, voire plus à l’UE qu’à la Russie », a-t-il affirmé.

N’ayant reçu aucune information contraire, il s’attend par ailleurs à la poursuite des négociations sur le nouveau traité fondamental, prévue à partir du 16 septembre. Il a ajouté que la Commission a émis hier 27 août un communiqué allant dans ce sens. M. Tchijov espère que les dirigeants européens ne prendront pas une autre décision lundi : « J’espère que la raison et le bon sens l’emporteront », a-t-il déclaré.

D’après lui, les pays européens ne parviendront pas au consensus nécessaire pour suspendre les négociations entre l’UE et la Russie. L’ambassadeur russe a en outre minimisé l’importance des déclarations d’Olli Rehn, estimant que le commissaire avait largement outrepassé son mandat.

Les Etats-Unis prennent des mesures 

Entre-temps, la Maison blanche aurait fait savoir qu’elle pensait abandonner un accord sur le nucléaire civil avec Moscou afin de punir l’incursion russe en Géorgie et la reconnaissance des deux provinces sécessionnistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud par le Kremlin.

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