Sommet UE-Russie : un nouveau départ ? [FR]

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L’arrivée d’un nouveau gouvernement en Pologne suscite des espoirs : on s’attend à ce que le sommet UE-Russie prévu le 26 octobre donne lieu à des avancées concernant un nouvel accord de partenariat. Il reste cependant d’autres points de désaccord, notamment dans le secteur de l’énergie. Des doutes subsistent également concernant le changement de position des nouveaux dirigeants de la Pologne concernant la Russie.

  • Le veto de la Pologne

L’objectif de l’actuel accord de partenariat entre la Russie et l’UE, signé en 1997, est de fournir une base à la coopération économique, sociale, financière et culturelle, fondée sur les principes d’avantages mutuels, de responsabilité mutuelle et de soutien mutuel.

L’accord, qui encourage également les investissements et ouvre la voie à la création d’une éventuelle zone de libre échange, expire fin 2007.

Cependant, la Pologne a opposé son veto à un nouvel accord de partenariat entre la Russie et l’UE, en raison de l’interdiction russe sur les importations de viande polonaise. La Pologne estime que cette mesure est politique et en aucun cas motivée par des normes sanitaires. 

Les résultats des élections  législatives de cette semaine en Pologne, qui présagent l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement potentiellement plus modéré et conciliant, alimentent les hypothèses selon lesquelles la situation pourrait se débloquer.

Pourtant, l’ambassadeur du Portugal en Russie a déclaré aux journalistes à Moscou, le 22 octobre, que la Pologne, qui doit maintenant former officiellement un nouveau gouvernement, ne donnera certainement pas de mandat pour mettre fin au veto.

Vladimir Chizhov, ambassadeur russe auprès de l’Union européenne, a également confirmé qu’il était trop tôt pour attendre un changement significatif de la position polonaise. S’adressant aux journalistes à Bruxelles le 23 octobre, M. Chizhov a fait savoir qu’il ne tablait pas sur des avancées historiques lors du sommet organisé le 26 octobre à Mafra, au Portugal. 

L’ambassadeur, qui fait remarquer que les relations avec le gouvernement polonais du Premier ministre Jaroslaw Kaczynski sortant ne pouvaient pas être pires, était optimiste pour l’avenir. Il espère une amélioration du niveau de bon sens dans l’attitude de la Pologne envers la Russie. 

  • Relations énergétiques

La proposition de la Commission vise à protéger les infrastructures énergétiques de l’UE du contrôle par les pays tiers grâce à une clause obligeant les firmes étrangères à « séparer » leurs activités de production et de transmission avant de pouvoir obtenir une participation majoritaire dans les entreprises énergétiques européennes. Aux questions sur la position de la Russie sur ce point, M. Chizhov a répondu que cette proposition est difficilement compatible avec les principes d’un marché ouvert.

La Russie et l’UE ont mis en place un groupe d’experts spécialisés afin d’étudier la question (EURACTIV 17/10/07) et on s’attend à des désaccords sur ce sujet lors du sommet.

Un nouveau système d’alerte rapide (EWS), dont l’objectif est de prévenir les prochaines crises d’approvisionnement en énergie, sera également discuter lors du sommet. Mais ce système, dont les modalités seront rendues publiques le 26 octobre, sera un accord « politique » et n’aura aucune valeur juridiquement contraignante, selon des sources internes à la Commission, jetant ainsi des doutes sur l’éventuelle efficacité du mécanisme.

Les sommets entre l’UE et la Russie, généralement organisés deux fois par an, sont un forum visant à discuter des questions bilatérales, la plus importante étant la coopération stratégique dans le domaine de l’énergie. L’UE est le plus important partenaire commercial de la Russie et importe 25 % de son gaz et de son électricité de ce pays.

Cependant, les relations entre l’UE et la Russie, et en particulier entre la Russie et certains des Etats membres européens, se sont dégradées ces dernières années, affectant les sommets précédents (EURACTIV 07/05/07).

L’UE s’est également plainte du manque d’enthousiasme de la Russie pour soumettre son marché énergétique à l’influence extérieure et à davantage de transparence. La Russie ne semble pas non plus pressée d’accorder de plus grandes garanties à l’UE au sujet de l’approvisionnement en énergie.

Une « clause de réciprocité », visant à garantir que les firmes énergétiques russes respectent des règles de concurrence européenne, avait été intégrée dans les dernières propositions en matière d’énergie de l’UE, à la grande consternation de Moscou.

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