Union méditerranéenne : Nicolas Sarkozy tâte le terrain

Le président français Nicolas Sarkozy a redoublé d’efforts afin de disposer d’un large appui pour son projet d’Union méditerranéenne, lors d’une visite en Algérie et en Tunisie la semaine dernière. La réalisation de ce projet, prévu pour 2008, devrait cependant rencontrer quelques obstacles.

En bref  :

A l’occasion de sa visite en Algérie et en Tunisie, Nicolas Sarkozy a testé auprès de ses partenaires méditerranéens l’idée d’accentuer la coopération entre les pays d’Europe du Sud et d’Afrique du Nord.
Répondant au journal tunisien Assbah, le chef de l’État a déclaré que son projet d’Union méditerranéenne avait été « particulièrement bien accueilli par ses partenaires méditerranéens au sein de l’UE et par les pays du sud de la Méditerranée ».

Le président français a émis l’idée de créer une Union méditerranéenne pendant sa campagne électorale. La forme exacte que pourrait prendre cette alliance est cependant, encore aujourd’hui, peu claire. Les liens avec l’actuelle Union euro-méditérannéenne n’ont pour le moment pas été précisés.

Selon Nicolas Sarkozy, cinq pays d’Afrique du Nord (le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Mauritanie et la Lybie), ainsi que cinq États membres de l’UE (la France, l’Espagne, l’Italie, le Portugal et Malte), pourraient être au cœur du dispositif. Ce dernier serait dirigé par un conseil permanent, à l’image de celui qui est à la tête du Conseil de l’Europe. Cette structure aurait pour principaux axes de coopération le crime organisé, le terrorisme, le développement durable, l’immigration clandestine et la sécurité des approvisionnements énergétiques.

La question des approvisionnements énergétiques devrait également figurer à l’agenda de la rencontre franco-algérienne du mois de novembre. La France propose de transférer à l’Algérie les technologies du nucléaire civil, tandis que ce pays garantirait, en retour, l’accès à ses provisions de gaz.

Dans une interview au quotidien algérien El Watan, Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il soutenait un rapprochement entre les sociétés françaises GDF, Suez et Total et l’entreprise énergétique algérienne Sonatrach.

Le partenariat euro-méditerranéen et le processus de Barcelone, en place depuis 1995, ont déjà échoué. Les faibles efforts de l’UE pour faire progresser ce partenariat, ainsi que le manque de volonté des voisins méditerranéens de l’Union à coopérer entre eux, en seraient la cause.

Lors de sa visite à Rome, le 13 juillet dernier, le premier ministre François Fillon a également promu l’idée d’une Union méditerranéenne. La France, l’Italie et l’Espagne devraient travailler ensemble à la réalisation de ce projet, a-t-il précisé, ajoutant : « Il y a un besoin urgent d’un cadre permettant une large coopération et qui assurerait plus de sécurité et de prospérité ».

Nicolas Sarkozy devra d’abord convaincre les partenaires européens de la France, tels que l’Italie et l’Espagne, de se joindre à cette initiative. Il s’agit également de rallier la Commission européenne à la cause française. Celle-ci a en effet demandé le soutien de tous les partenaires de l’UE à sa politique de voisinage présentée en décembre 2006. Elle ne devrait donc pas être d’accord avec le plan français.

La Turquie a également critiqué l’idée de Nicolas Sarkozy. Le pays perçoit en effet cette initiative comme un moyen d’empêcher l’adhésion turque à l’UE. Les États-Unis pourraient également craindre de perdre leur influence dans la région si ce plan voyait le jour.

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