Abandonnés en Méditerranée, des migrants cessent de s’alimenter

Sauvetage en mer par l'équipe de Sea-Watch. [Marcus Wiechmann/Sea-Watch.Org]

Depuis plus de deux semaines, 49 migrants sont ballottés en Méditerranée. Certains ont cessé de s’alimenter. Sept pays se disent prêts à les accueillir, mais aucun accord n’a été trouvé, relate notre partenaire, Ouest-France.

Quelques-uns des 49 migrants, dont des enfants et des adolescents, ballottés en Méditerranée depuis plus de deux semaines pour certains, ont commencé lundi à refuser de s’alimenter, la crise diplomatique sur leur sort s’éternisant. L’ONG allemande Sea-Watch, qui cherche un port où faire débarquer 32 migrants secourus le 22 décembre, a annoncé que plusieurs d’entre eux refusaient de manger. « Nous redoutons que leur état psychologique et de santé ne se détériore sensiblement », a-t-elle ajouté.

Le navire se trouve encore tout près des côtes maltaises, tout comme celui d’une autre ONG allemande, Sea-Eye, avec à son bord 17 migrants depuis le 29 décembre. « Nous sommes tous fatigués », a déclaré l’un d’eux dans une vidéo diffusée par Sea-Eye et montrant les migrants allongés dans une petite salle. « Nous ne pouvons pas bouger, c’est comme une prison », ajoute-t-il.

Le pape appelle l’Europe à la solidarité envers les migrants au large de Malte

Le pape François a lancé dimanche un « appel pressant » aux dirigeants européens pour qu’ils accueillent enfin 49 migrants, dont plusieurs enfants, ballottés en Méditerranée, pour certains depuis plus de deux semaines.

Sept pays prêts à accueillir

Selon une source diplomatique européenne, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Portugal et Malte se sont dits prêts à accueillir une partie de ces migrants. De même que la Roumanie, qui assure la présidence tournante de l’UE et a accepté à ce titre d’en recevoir cinq.

Mais aucun accord n’a encore été trouvé pour qu’ils débarquent à Malte. Le Premier ministre maltais, Joseph Muscat (gauche), a expliqué dimanche qu’il voulait éviter de créer un « précédent ». Ce petit pays méditerranéen de 450 000 habitants, situé non loin de la Libye, craint de devenir la principale porte d’entrée des migrants en Europe maintenant que l’Italie refuse ce statut.

L’Italie réitère son refus

Selon des médias italiens, Malte exige aussi d’inclure dans un éventuel accord au moins une partie des 249 migrants qu’elle a secourus et accueillis ces derniers jours. En Italie, le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini (extrême droite), a réitéré son refus, même si le sujet fait débat au sein du gouvernement populiste. « Quand les navires arrivaient dans les eaux italiennes, c’était notre problème […]. Je ne comprends pas pourquoi […] s’il y a 49 personnes dans les eaux maltaises sur des navires allemand et néerlandais, c’est encore le problème des Italiens », a-t-il déclaré lundi à la presse.

« L’intérêt de ces femmes et de ces enfants est qu’on ne les contraigne plus à risquer leur vie en traversant le désert et en embarquant pour enrichir des passeurs afin qu’ils s’achètent drogue et armes », a-t-il ajouté. Dimanche, le pape François avait lancé un « appel pressant aux dirigeants européens afin qu’ils fassent preuve de solidarité concrète à l’égard » de ces 49 migrants.

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