Accueil de migrants : Dublin répond à l’appel à la solidarité avec Rome

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 667 migrants ont trouvé la mort depuis le début de l'année en tentant de franchir la Méditerranée. [photofilippo66/Shutterstock]

L’Irlande a annoncé lundi qu’elle allait accueillir dix demandeurs d’asile arrivés sur les côtes italiennes, devenant le premier pays européen à répondre à l’appel à la solidarité lancé par Rome et la Commission européenne.

Plus de 2.200 migrants sont arrivés sur la petite île italienne de Lampedusa en l’espace de quelques jours il y a plus d’une semaine, en provenance de Tunisie et de Libye.

« Nous aidons l’Italie en acceptant dix personnes en geste de solidarité », a déclaré à l’AFP un porte-parole de la représentation permanente de l’Irlande auprès de l’UE.

La commissaire européenne Ylva Johansson et la ministre italienne de l’Intérieur Luciana Lamorgese ont lancé la semaine dernière un appel en direction des Etats membres de l’UE afin qu’ils prennent en charge une partie des migrants arrivés sur les côtes italiennes.

Un porte-parole de la Commission européenne a confirmé que l’Irlande était le seul pays européen « pour l’instant » à avoir accepté de « relocaliser » des demandeurs d’asile arrivés récemment en Italie.

« Les discussions se poursuivent, et nous encourageons les Etats membres à faire preuve de solidarité en participant aux efforts de relocalisation », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre italien Mario Draghi a fait état de discussions avec la France et l’Allemagne pour tenter de relancer un mécanisme temporaire de répartition des demandeurs d’asile, sur lequel quelques pays européens s’étaient mis d’accord en 2019 à Malte.

Pacte sur les migrations : la Commission reconnaît que les progrès sont "lents"

La commissaire européenne aux affaires intérieures, Ylva Johansson, a reconnu que les progrès concernant le nouveau pacte sur les migrations et l’asile, proposé par la Commission européenne en septembre, ont été « lents ».

Entre le 1er janvier et le 17 mai, plus de 13.300 personnes parties des côtes nord-africaines sur des embarcations de fortune ont débarqué à Lampedusa et en Sicile, soit trois fois plus qu’en 2020 à la même période et dix fois plus qu’en 2019, selon les chiffres du gouvernement italien.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 667 migrants ont trouvé la mort depuis le début de l’année en tentant de franchir la Méditerranée. La route vers l’Italie et Malte en Méditerranée centrale est la plus fréquentée et la plus meurtrière, avec 555 morts recensés.

La Commission européenne a présenté en septembre une réforme du système d’asile dans l’UE, afin de garantir une plus grande solidarité européenne à l’égard des pays d’arrivée des migrants (Italie, Grèce, Espagne, Malte).

Mais six ans après la crise migratoire de 2015, les discussions sur ce « nouveau Pacte sur la migration et l’asile » sont toujours aussi difficiles.

Faute de solution pérenne pour la répartition des demandeurs d’asile sauvés en mer, l’UE ne peut compter que sur des arrangements temporaires, au cas par cas, qui ne reposent que sur la bonne volonté de quelques Etats membres.

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Les discussions sont difficiles sur ce dossier hautement sensible, entre les pays d’arrivée des migrants, qui réclament plus de solidarité de la part de leurs partenaires de l’UE, et les pays notamment de l’est du bloc, hostiles à l’accueil de ces demandeurs d’asile.

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