Afghanistan : la Turquie ne peut « endosser les responsabilités des pays tiers », selon Erdogan

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, tient une conférence de presse pendant le sommet de l'OTAN au siège de l'Alliance à Bruxelles, en Belgique, le 14 juin 2021. [YVES HERMAN/EPA]

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé dimanche (22 août) que la Turquie ne pourrait endosser la responsabilité des pays tiers vis-à-vis des Afghans ayant travaillé pour les institutions occidentales et qui attendent d’être évacués à la suite de la prise de pouvoir des talibans.

« Nous avons reçu une demande pour accueillir des employés locaux d’une mission de l’Union européenne en Afghanistan. Les États membres n’ouvrent leurs portes qu’à une infime part des gens qui les ont servi et qui sont en difficulté. (…) On ne devrait pas attendre de la Turquie d’endosser la responsabilité des pays tiers », a déclaré M. Erdogan lors d’une conversation téléphonique avec le président du Conseil européen Charles Michel, selon un communiqué de la présidence turque.

Le chef de l’État turc a réitéré, au lendemain des propos similaires qu’il a tenus lors d’une conversation avec la chancelière allemande Angela Merkel, que « la Turquie, qui accueille déjà 5 millions de réfugiés, ne peut supporter un fardeau migratoire supplémentaire ».

M. Michel a de son côté affirmé sur Twitter avoir discuté avec M. Erdogan des « récents développements » en Afghanistan qu’il a qualifiés de « défi commun pour Turquie et l’UE ».

« Compréhension totale de la nécessité d’assurer l’évacuation en toute sécurité des ressortissants, du personnel local ainsi que des familles et de fournir un soutien aux Afghans vulnérables et aux communautés d’accueil dans la région », a-t-il déclaré.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait exhorté samedi (21 août) tous les pays, en premier lieu les pays européens, à accueillir une partie des réfugiés afghans exfiltrés de Kaboul.

M. Erdogan avait de son côté estimé samedi qu’il serait « irréaliste » pour l’UE d’avoir des attentes supplémentaires de la part de la Turquie en matière d’accueil des migrants tant que l’accord Turquie-UE n’est pas entièrement appliqué.

Ankara reproche régulièrement à l’UE de ne pas respecter cet accord signé en 2016 pour stopper l’afflux des migrants vers l’Europe et souhaite sa révision.

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