Les leaders africains rejettent l’idée des plateformes migratoires

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Les leaders africains ont exprimé leur opposition à l’idée européenne de créer des  « plateformes de débarquement » de migrants sur leur territoire, lors du Sommet de l’Union africaine.

Les chefs d’État au sommet de l’Union africaine ont rejeté le lundi 2 juillet les plans présentés par les dirigeants de l’UE à Bruxelles la semaine dernière pour « explorer rapidement le concept de plateformes régionales de débarquement » dans les pays africains.

« Le Maroc rejette fortement cette idée de plateforme, qu’il considère inappropriée. C’est une solution facile et contreproductive », a martelé le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita lors d’une conférence de presse à Nouakchott, la capitale de la Mauritanie.

Des «centres contrôlés» pour migrants pour ne pas dire hotspots

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Cette position ne devrait pas être une surprise pour Bruxelles. La Tunisie et la Libye ont déjà fait connaitre leur refus d’accueillir ces « plateformes de débarquement » sur leur territoire. En amont du sommet de la semaine dernière, le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini avait appelé à ce que ces centres soient basés dans des pays de la région du Sahel, tels que le Niger, le Tchad, le Mali ou le Soudan.

Responsabilité sur le sort des migrants

Pour Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l’Union africaine, les pays africains doivent néanmoins prendre leur responsabilité dans la crise migratoire. Dans un tweet dimanche dernier, il a condamné ce qu’il qualifie d’« actions intolérables » commises contre les migrants africains sur leur propre continent.

« Le sort dramatique qui est celui des migrants africains aux frontières de l’Europe se double aujourd’hui de la récurrence de pratiques intolérables contre ces populations en Afrique même. ».

« Sous peine de perdre tout crédit moral sur cette question, notre Union ne saurait pratiquer ici la politique du deux poids deux mesures: condamner les violations flagrantes des droits des migrants africains ailleurs et pratiquer la politique de l’autruche lorsque des faits similaires ont lieu sur le continent », estime-t-il.

Sur ce volet migratoire, les leaders africains se sont ainsi accordés sur la création d’un Observatoire africain pour la migration et le développement (OAMD), qui sera basé à Rabat, la capitale du Maroc.

L’initiative, proposée par le Maroc, visera à « harmoniser les stratégies nationales des États africains et à améliorer les interactions avec des partenaires », a déclaré  Nasser Bourita.

Le sommet de l’Union africaine a été dominé par des discussions sur une proposition de zone de libre-échange en Afrique continentale, à laquelle 49 des 55 pays du continent ont pour l’heure adhéré.

La question de comment gérer les flux migratoires, en provenance de l’Afrique et passant par la Méditerranée pour atteindre l’Europe, a causé d’âpres divisions au sein du bloc et dominé le Conseil européen de la semaine dernière.

L’enjeu s’est également immiscé dans les discussions sur le nouvel accord de Cotonou entre l’UE et des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, l’actuel accord expirant en février 2020.

Les leaders européens ont finalement adopté leur mandat de négociation sur cet accord le 22 juin après plusieurs mois de blocage mené par la Hongrie et la Pologne, les deux États membres les plus opposés à des quotas de migrants obligatoires, et qui souhaitent que l’aide au développement et les investissements de l’Union soient étroitement liés au contrôle de la migration.

La Hongrie bloque le début des négociations de l'accord post-Cotonou

Faute de consensus sur l’enjeu de l’immigration, les États membres ne parviennent pas à s’accorder sur le mandat pour entamer les négociations du prochain accord global avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

 

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