Agenda chargé au menu de la présidence autrichienne

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À moins d’un an des élections européennes et du Brexit, la présidence du Conseil de l’UE échoit à l’Autriche. Mais le pays semble surtout motivé par le contrôle des frontières extérieures de l’UE.

C’est un programme chargé qui s’annonce pour la présidence autrichienne, à la tête du Conseil de l’UE depuis le 1er juillet et jusqu’au 31 décembre. Les grands axes de cette dernières ont été détaillés par le chancelier allemand Sebastian Kurz devant les eurodéputés. Lors d’une conférence organisée par le Mouvement européen France le 6 juillet, l’ambassadeur d’Autriche en France Walter Grahammer a précisé les grands axes défendus par son chancelier.

Au programme, ce sont trois dossiers qui devraient concentrer l’attention. Le contrôle des frontières externes de l’espace Schengen semble la priorité numéro un du pays d’Europe centrale, alors que la position des États membres est attendue sur la réforme du système d’asile européen (notamment le règlement de Dublin) pour entamer les négociations en trilogues.

« L’espace Schengen ne peut fonctionner que lorsque le contrôle des frontières extérieures est assuré », a martelé l’ambassadeur autrichien, tout en défendant la philosophie des « centres de transit », reprise par les chefs d’États et de gouvernement. Au dernier conseil européen, les dirigeants des États membres se sont mis d’accord sur la création de « plateformes régionales de débarquement » situées dans les pays tiers.

L’Autriche envisagerait de supprimer le droit d’asile sur le sol européen

Selon un article du Monde, l’Autriche, à la tête de la présidence tournante du Conseil de l’UE, a fait part cette semaine aux Etats membres de propositions inquiétantes pour le droit d’asile.

Une proposition devant permettre de « prévenir le danger de la Méditerranée, en regardant avant que les personnes prennent le bateau si elles remplissent les conditions pour obtenir l’asile » selon l’ambassadeur autrichien, mais qui préoccupe plusieurs associations d’aide aux migrants et réfugiés.

« L’UE sait pertinemment qu’elle ne pourra garantir que les droits fondamentaux des personnes vulnérables tentant de rejoindre l’Europe y soient respectés », pointe le Ciré, tandis que la Cimade qualifie le procédé de « vielle recette (…), alors que les pays évoqués comme ceux du Maghreb et l’Albanie ont déjà clairement annoncé qu’ils refuseraient ce genre de deal ».

Les leaders africains rejettent l'idée des plateformes migratoires

Les leaders africains ont exprimé leur opposition à l’idée européenne de créer des  « plateformes de débarquement » de migrants sur leur territoire, lors du Sommet de l’Union africaine.

Outre le dossier épineux de la migration, la présidence autrichienne a fixé comme priorité le « maintien de la prospérité et de la compétitivité européenne » à l’ère des nouvelles technologies, et devrait poursuivre les efforts menés sur une taxe numérique.

Pays frontalier à la zone, l’Autriche devrait enfin au cours de ces six mois à la tête du Conseil insister sur l’intégration des Balkans occidentaux, un dossier déjà poussé par la présidence bulgare l’a précédant.

L’UE reporte sa décision sur les négociations d’adhésion de Tirana et Skopje

Les pays de l’Union européenne ont décidé de reporter d’au moins un an leur décision sur un éventuel feu vert à des négociations d’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine à l’UE, la France et les Pays-Bas ayant réclamé au préalable de nouvelles réformes au sein de l’UE.

Calendrier serré

« La présidence ne doit pas essayer d’imposer ses propres propositions dans la négociation » a rappelé l’ambassadeur, pour qui la mission de l’État à la tête du Conseil doit être de « faciliter le compromis ». Comme l’a martelé mardi dernier Sebastian Kurz devant les eurodéputés, c’est en « rassembleur » que tente de se poser l’Autriche, face à des dossiers hautement clivants.

Au nombre de ces derniers, le pays d’Europe centrale tiendra l’avant-dernière présidence avant le Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l’Union étant officiellement prévue pour mars 2019. Des négociations déjà difficiles et qui risquent d’être ralenties par un changement de tête côté britannique, suite à la démission de l’ex-ministre du Brexit David Davis.

David Davis démissionne devant la perspective d'un «soft Brexit»

Le ministre du Brexit  a tiré sa révérence, dimanche. Partisan du « hard Brexit », il estime la position du gouvernement britannique trop accomodante.

 

Autre couperet de plus en plus en vue, les élections européennes du printemps 2019 marqueront un renouvellement tant du Parlement européen que de la Commission. Ce double changement pourrait rebattre les cartes et mettre en suspens un certain nombre de dossiers en attendant la définition d’une nouvelle position des deux institutions.

Le Cadre financier pluriannuel, sur lequel la Commission a fait une proposition début mai, figure parmi les potentielles victimes collatérales. « Nous essayerons d’avancer aussi loin que possible avec le Parlement européen », a promis l’ambassadeur autrichien à la conférence. Les propositions présentées par la Commission en mai divisent notamment sur la PAC et de la politique de cohésion, deux politiques historiques de l’Union, dont le budget devrait se trouver raboté du fait de la perte de la contribution britannique au budget européen et du financement de nouvelles priorités.

Paris tente une coalition pour protéger la PAC

Le ministre de l’Agriculture français tente de fédérer les autres pays agricoles pour éviter le recul de 5 % des aides PAC envisagé dans le budget 2021-2027 de l’UE.

 

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