L’Espagne devient la principale voie d’accès des migrants à l’Europe

epa06925367 Dimitris Avramopoulos et Carmen Calvo, à Madrid, le 3 aout. EPA-EFE/JOSE MARIA CUADRADO JIMENEZ / SPANISH PRESIDENCY / HANDOUT HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES [José María Cuadrado/EFE]

La Commission a annoncé trois millions d’euros d’aide d’urgence pour les garde-frontières espagnols, confrontés à un triplement des arrivées de migrants, suite au verrouillage de la route italienne. 

L’aide supplémentaire que l’exécutif a décidé d’allouer à l’Espagne après l’augmentation des arrivées sur les côtes provient du Fonds pour la sécurité intérieure et a pour but de financer le déploiement de personnel supplémentaire le long des frontières méridionales espagnoles.

Le mois dernier, la Commission a déjà attribué 24,8 millions d’euros au ministère de l’Emploi et de la Sécurité sociale et à la Croix-Rouge espagnole, afin de renforcer les capacités d’accueil, de prise en charge sanitaire, de nourriture et de logement des migrants arrivants par la route de l’ouest méditerranéen.

Une enveloppe supplémentaire de 720 000 euros a été allouée à l’organisation des rapatriements et des transferts depuis l’enclave de Ceuta et Melilla.

Cette aide financière s’ajoute aux 691,7 millions que reçoit Madrid dans le cadre du Fonds pour l’asile, l’immigration et l’intégration et du fonds pour la sécurité intérieure pour la période budgétaire 2014-2020.

L'Espagne appelle l’UE à aider le Maroc sur la gestion des frontières

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a demandé à la Commission de mettre en place des aides pour aider le Maroc ainsi que l’Espagne à gérer la frontière Méditerranéenne.

Avramopoulos à Madrid

Le commissaire aux migrationx, Dimitris Avramopoulos, s’est rendu en Espagne pour rencontrer la vice-présidente du gouvernement espagnol, Carmen Calvo, le ministre des Affaires étrangères, Josep Borrell, le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, et la ministre du Travail, Magdalena Valerio.

Dans un communiqué commun avec le gouvernement espagnol, la Commission européenne s’est engagée à continuer à faire preuve de solidarité vis-à-vis de Madrid et de « fournir une aide technique et financière supplémentaire », ainsi qu’à « poursuivre le dialogue ouvert et la coopération sur l’immigration ».

« La Commission est aux côtés du gouvernement espagnol et soutient pleinement ses efforts pour le développement d’une réponse efficace à l’augmentation du nombre d’arrivées […] et la protection de la frontière externe de l’Union européenne », assure le communiqué.

La coopération avec le Maroc reste un élément clé de la réduction des arrivées via la Méditerranée. Le 1er août, le président de la Commisison, Jean-Claude Juncker, a promis d’accélérer le versement des 55 millions d’euros de participation européenne aux programmes de gestion des frontières marocain et tunisien mise en place dans le cadre du Fonds fiduciaire pour l’Afrique en juillet.

Bruxelles et Madrid insistent toutes deux sur l’importance de la collaboration avec les pays de départ et de transit « afin de développer leurs capacités de gestion des frontières et de s’attaquer aux causes profondes de l’immigration ».

Dimitris Avramopoulos et les ministres espagnols ont notamment discuté du plan d’urgence pour cet été. Le 3 août, le Premier ministre a annoncé la création d’un commandement conjoint pour la coordination de toutes les opérations menées dans le cadre de la crise migratoire, afin de réduire le nombre d’arrivées illégales.

Il y a quelques semaines, Pedro Sánchez avait fait la Une des journaux européens pour avoir autorisé l’Aquarius, un navire qui secoure les migrants en détresse en Méditerranée, à accoster en Espagne, après les refus de Malte et de l’Italie, et le silence assourdissant de la France.

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Au lendemain de leur arrivée en Espagne, les 630 migrants de l’Aquarius veulent pour près de la moitié demander l’asile en France, a indiqué lundi le gouvernement espagnol.

La Commission a salué « l’esprit européen exemplaire » dont a fait preuve l’Espagne face au problème depuis quelques mois. La route de l’ouest méditerranéen, entre le Maroc et l’Espagne a permis à 27 614 migrants d’arriver en Europe cette année, devançant donc les routes via l’Italie (18 475) et la Grèce (16 142).

Malgré le battage médiatique, ces chiffres sont loin d’égaler ceux de l’année 2015, quand plus d’un million de personnes avaient rejoint l’Europe par la mer.

« Le défi migratoire auquel fait face l’Europe dans son entier appelle à une solution européenne, et non nationale, comme l’ont souligné les dirigeants européens lors du Conseil de juin », ont  rappelé les exécutifs européen et espagnol.

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