Biélorussie : Josep Borrell annonce qu’une mission de l’UE va se rendre à Minsk pour faciliter les rapatriements

Josep Borrell a indiqué s'être entretenu à deux reprises avec le ministre des Affaires étrangères de la Biélorussie et des contacts au niveau des hauts fonctionnaires ont été menés pour préparer cette mission. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Une mission du service d’action extérieure de l’UE va se rendre à Minsk pour faciliter le rapatriement des migrants bloqués en Biélorussie, mais il n’est pas question d’engager des négociations avec le président Loukachenko, a annoncé mardi (23 novembre) le chef de la diplomatie européenne.

« Je tiens à souligner qu’il n’y a pas d’accord et qu’il n’y a pas de négociations avec le régime de Loukachenko et il n’y a rien qui puisse ressembler à une quelconque reconnaissance de facto », a affirmé l’Espagnol Josep Borrell au cours d’une conférence de presse après l’annonce de nouvelles sanctions européennes.

« Mais nous devons garder les canaux de communication ouverts », a-t-il fait valoir.

« En ce moment, une petite équipe, des représentants du Service d’action extérieure de la Commission, se rend à Minsk pour entreprendre des discussions techniques. Pas des négociations, mais la compréhension des besoins afin de faciliter le rapatriement en coopération avec les agences des Nations unies », a-t-il expliqué.

Josep Borrell a indiqué s’être entretenu à deux reprises avec le ministre des affaires étrangères de la Biélorussie et des contacts au niveau des hauts fonctionnaires ont été menés pour préparer cette mission.

« Cette mission doit évaluer les besoins. Elle n’a rien à voir avec une reconnaissance du régime et n’a rien à voir avec des négociations », a-t-il assuré.

La cheffe de file de l’opposition biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa a appelé lundi les dirigeants de l’Union européenne à éviter les contacts avec Alexandre Loukachenko.

L’UE est très divisée sur les contacts avec le président de la Biélorussie, dont elle refuse de reconnaitre la réélection en août 2020.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a dénoncé jeudi dernier la décision de la chancelière allemande Angela Merkel de s’entretenir avec le président russe Vladimir Poutine et avec M. Loukachenko pour tenter de régler la crise migratoire provoquée par l’acheminement de migrants aux frontières de la Pologne, de la Lituanie et de la Lettonie.

« Nous devons réduire le flux des personnes qui arrivent en Biélorussie et de la Biélorussie aux frontières et nous devons les aider », a insisté mardi Josep Borrell.

« Cela a été clairement orchestré par le régime de la Biélorussie », a-t-il accusé : « Je pense que Loukachenko voulait faire pression sur nous pour que nous annulions les sanctions et je pense qu’il a manqué le coche, car ce qu’il a obtenu, c’est un nouveau cycle de sanctions ».

« Maintenant, il va devoir contribuer et prendre soin de ces personnes qui se trouvent sur son territoire afin qu’elles soient traitées dignement. Et, si possible, retournent chez elles », a-t-il conclu.

Crise des migrants : "Plus grande tentative de déstabilisation de l'Europe" depuis la guerre froide, accuse Varsovie

La Pologne a qualifié dimanche (21 novembre) la crise des migrants à la frontière polono-biélorusse, aux portes de l’UE, de « plus grande tentative de déstabilisation de l’Europe » depuis la guerre froide.

Subscribe to our newsletters

Subscribe