Bruxelles crée un programme pour le retour volontaire de 5000 migrants

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Ylva Johansson, la commissaire aux affaires intérieures, a annoncé l’instauration d’un dispositif permettant le retour volontaire de 5000 migrants de Grèce vers leur pays d’origine. Avec 2000 euros par personne en guise de mesure incitative. Un article d’Euroefe.

Lors d’une déclaration conjointe avec le ministre grec des Migrations, Notis Mitarakis, Ylva Johansson a précisé que la Commission européenne financerait ce programme afin d’aider à décongestionner les îles surpeuplées de la mer Égée.

Le dispositif, destiné aux personnes arrivées avant le premier janvier, ne donnera qu’un mois aux candidats pour se porter volontaires. Il sera géré en coopération avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes.

Notis Mitarakis a souligné que cette initiative venait s’ajouter aux 10 000 transferts que le gouvernement grec s’était engagé à effectuer vers la Grèce continentale durant le premier trimestre 2020.

Erdogan ouvre les vannes migratoires de l’UE

La situation à la frontière gréco-turque s’est empirée le samedi 29 février à la suite de la décision officielle d’Ankara de laisser des milliers de migrants entrer sur le territoire européen.

 

Selon l’OIM, 49 505 personnes ont bénéficié de son programme d’aide au retour volontaire et à la réintégration de 2010 à la fin de l’an dernier.

Il était prévu qu’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, participe également à la visite, mais son voyage a été reporté afin qu’elle puisse se concentrer sur la coordination de la lutte contre le coronavirus sur le territoire européen.

L’un des objectifs principaux de ce déplacement était que les autorités européennes se fassent une idée de la situation des quelque 5 000 réfugiés mineurs non accompagnés qui se trouvent dans les camps grecs.

La semaine dernière, l’Allemagne a annoncé qu’elle était disposée à accueillir, avec d’autres États membres, entre 1 000 et 1 500 enfants.

« Il est très urgent de trouver une solution, car l’enfance et l’adolescence ne se vivent qu’une fois », a souligné la commissaire.

Ylva Johansson s’est également entretenue avec le Premier ministre grec, le conservateur Kyriakos Mitsotakis. Ce dernier a souligné qu’au niveau international, la situation ne devait pas être comprise comme un problème de migration, mais de « sécurité nationale ».

La Turquie compte laisser la porte de l’UE ouverte aux migrants

Pour démontrer son sérieux à Bruxelles, le président turc Recep Tayyip Erdogan a répété mercredi 11 mars que les frontières vers l’UE resteraient ouvertes, afin de laisser passer les nombreux réfugiés présents en Turquie. Un article de notre partenaire, Euroefe.

Kyriakos Mitsotakis a ajouté que la Grèce et l’Europe étaient toutes deux confrontées à une menace asymétrique de leurs frontières terrestres et maritimes, exercée par la Turquie qui « utilis[e] des populations opprimées comme des pions ».

La commissaire a également expliqué qu’elle espérait voir, après Pâques, un nouveau cadre réglementaire sur l’asile remplacer l’actuel règlement de Dublin, qui a prouvé son inefficacité.

Selon Ylva Johansson, la Commission s’efforce de trouver un accord entre les différents États, aiguillonnée par la décision prise à fin février par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, d’ouvrir les frontières aux millions de migrants et de réfugiés vivant dans son pays.

Tout le monde n’appréciera pas la nouvelle réglementation, « mais ils l’accepteront », a assuré la commissaire.

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