Bruxelles propose un plan d’action pour aider l’Italie à gérer l’immigration

La Commission européenne a proposé mardi un plan d’action pour mettre en marche des mesures « immédiates » afin de réduire drastiquement l’arrivée de migrants en Italie. Ces mesures devraient impliquer toute l’Union européenne. Un article d’Euroefe.

Le plan d’action survient en réponse à la demande de l’Italie, qui a appelé ses partenaires européens à accélérer la relocalisation des demandeurs d’asile et d’élaborer des normes pour les ONG sauvant des vies en Méditerranée. Des propositions qui ont reçu l’appui de l’Allemagne et de la France.

Entre autres actions, Bruxelles s’est engagée à aider l’Italie à élaborer un code de conduite pour les ONG, ce que Rome réclamait depuis que ces organisations ont été accusées d’alimenter l’immigration de par leur présence et même de collaborer avec les passeurs.

Dissiper les malentendus

Le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a déclaré lors d’une conférence de presse que ce code apportera de la clarté et dissipera les malentendus sur les conditions dans lesquelles opèrent les ONG.

Le commissaire est convaincu que les organisations agissent de bonne foi, mais a indiqué qu’il fallait « s’assurer que leurs opérations ne créaient pas de problèmes supplémentaires ou de risque d’accident en mer ».

Le discours du gouvernement sur les migrants inquiète les ONG

«Humanité» ou «fermeté»: sur les migrants, Emmanuel Macron et Gérard Collomb ont tenu des discours contrastés ces derniers jours, suscitant l’inquiétude des associations qui redoutent un durcissement à venir.

Ces dernières semaines, le gouvernement italien a demandé à d’autres pays, comme Malte, la France ou l’Espagne, d’ouvrir leurs portes en signe de solidarité.

Le 4 juillet, la Commission a appelé l’Italie à intensifier les retours de migrants qui n’ont pas le droit de rester sur le territoire européen, en appliquant des procédures accélérées.

D’autre part, Bruxelles s’est engagée à renforcer la capacité des autorités libyennes à gérer l’immigration, à soutenir la création d’un centre maritime de sauvetage et de coordination en Libye et de mettre en marche à partir d’aujourd’hui un nouvel exercice pour réinstaller les réfugiés depuis la Libye, l’Égypte, le Nigéria, l’Éthiopie et le Soudan.

Solidarité

Bruxelles a aussi indiqué qu’elle travaillerait avec la Libye pour renforcer les contrôles à la frontière sud et qu’elle redoublerait d’efforts pour garantir les accords en matière de réadmission avec les pays de transit et d’origine.

L’exécutif demande aux pays de l’UE d’accélérer l’accueil des demandeurs d’asile depuis l’Italie, d’avancer sur la réforme du système européen d’asile et d’apporter plus de fonds au Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique.

Bruxelles sévit contre trois pays refusant les réfugiés

Après de vaines mises en gardes, Bruxelles s’est résignée à lancer des procédures d’infraction contre la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, pour leur refus obstiné d’accueillir des demandeurs d’asile depuis l’Italie et la Grèce.

Ce plan d’action fera l’objet d’un débat lors d’une réunion informelle des ministres européens de l’Intérieur qui se tiendra les 6 et 7 juin à Tallin. Frans Timmermans a affirmé que Bruxelles fera pression sur les États membres lors de cette rencontre pour qu’ils fassent preuve de solidarité.

« C’est un problème sans précédent, car beaucoup de ceux qui arrivent ne cherchent pas la protection internationale, mais seulement une vie meilleure », a-t-il commenté, tout en ajoutant qu’il fallait « trouver un accord avec les pays d’origine pour qu’ils retiennent les migrants et avec les pays de transit pour qu’ils luttent contre les mafias de passeurs ».

Italie, principale destination des migrants

Amnesty International juge le plan d’action de Bruxelles « tout à fait inadapté ». « Il aborde peu la situation en Méditerranée centrale et le manque de solidarité européenne. Au lieu de proposer d’arrêter plus de migrants et de les renvoyer plus rapidement, les dirigeants européens devraient une bonne fois pour toutes agir véritablement pour empêcher ces morts en mer », a déclaré Iverna McGowan, de l’ONG.

Le nombre de migrants et de réfugiés ayant traversé la Méditerranée depuis le 1er juillet a atteint les 101 210 personnes. Pourtant, ils sont deux fois moins nombreux qu’en 2016 à arriver en Europe, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). En 2017, l’Italie est devenue le premier pays d’arrivée des migrants.

Mobilisation contre un groupe d'extrême droite souhaitant bloquer les ONG en Méditerranée

Le réseau européen d’extrême droite Génération Identitaire affirme vouloir bloquer les bateaux des ONG qui secourent les migrants en Méditerranée, mais des associations se mobilisent pour l’empêcher d’arriver à ses fins.