Bruxelles réfute la dernière campagne anti-immigration d’Orban

[@NatashaBertaud Twitter]

La Commission européenne a vivement réagi le 28 février à une nouvelle campagne anti-immigration lancée par le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, en début de semaine en disant qu’elle déformait la réalité et en la réfutant point par point.

Mina Andreeva, porte-parole de la Commission a déclaré que le collège des commissaires avait discuté de la campagne anti-immigration hongroise lors de la réunion hebdomadaire le 27 février.

La presse hongroise a rapporté que Viktor Orbán avait écrit une lettre à ses compatriotes disant que « Bruxelles n’a rien appris des terribles attentats terroristes ces dernières années et veut faire venir davantage de migrants en Europe. »

« Les bureaucrates se préparent maintenant à encourager l’immigration avec de nouvelles mesures. Après l’introduction du visa pour migrant et de la carte bancaire pour migrant, de nouveaux fonds seront versés aux organisations de George Soros, pour soutenir l’immigration. Ils veulent encore répartir les migrants avec des quotas obligatoires », cite le site d’actualités Hungary Today.

Le Premier ministre poursuit en disant que les Hongrois ne veulent pas que leur pays devienne un « pays d’immigrants ». « Nous voulons assurer notre sécurité et protéger notre culture chrétienne. C’est pour cela que nous avons construit une barrière et que nous protégeons nos frontières. Les bureaucrates à Bruxelles ne veulent cependant pas respecter notre décision. Pour atteindre leurs objectifs, ils veulent briser la résistance des pays opposés à l’immigration. »

La lettre se termine par les mots d’une récente campagne d’information, qui indiquait que les gens avaient le droit de savoir « ce que manigance Bruxelles ». Un ensemble d’informations accompagne la lettre détaillant les mesures de Bruxelles.

C’est la deuxième fois que Viktor Orbán écrit une « lettre » aux Hongrois pour s’opposer à Bruxelles. En avril 2017, il avait lancé une initiative intitulée « arrêtons Bruxelles », quelques jours après que les dirigeants s’étaient rassemblé à Rome pour marquer le 60ème anniversaire de l’UE.

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La réponse

Pour Mina Andreeva, la campagne hongroise intitulée « Vous avez le droit de savoir ce que manigance Bruxelles », déforme la réalité et chercher à dresser un tableau sombre d’un complot pour attirer plus de migrants en Europe.

« Nous sommes d’accord que les gens doivent savoir la vérité », a-t-elle ajouté, « et la vérité est la suivante :

  • Nous ne voulons pas introduire des quotas obligatoires de réinstallation. La réinstallation de réfugiés venus de pays tiers a toujours été sur une base volontaire, et le restera.
  • La Commission ne veut pas affaiblir le droit des États membres à défendre leurs frontières, au contraire, l’UE soutient la protection nationale des frontières.
  • La Commission n’a nullement l’intention de mettre en place des visas humanitaires.
  • La Commission ne travaille pas avec des organisations facilitant l’immigration illégale.
  • L’aide de l’UE n’encourage pas l’immigration, mais ne fait que porter assistance aux réfugiés déjà présents en Grèce. (elle fait référence aux cartes de débit pré-payées)
  • C’est aux États membres de décider de manière volontaire s’ils veulent ou ne veulent pas collaborer avec des pays d’Afrique pour une immigration légale de travailleurs qualifiés.
  • Les fonds européens ne sont pas liés au soutien ou non à l’immigration par les États membres. »

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Face à des accusations graves, la porte-parole a déclaré que les commissaires s’étaient accordés sur le fait que des réponses claires étaient nécessaires.

Interrogée sur la position du commissaire hongrois, Tibor Navracsics, durant les discussions du collège, Mina Andreeva a répondu que la Commission prenait toujours des décisions consensuelles. « Je parle au nom de la Commission dans son ensemble, et cela inclut Tibor Navracsics. »

Le commissaire hongrois a déjà pris position à Bruxelles et adopté un tout autre point de vue en Hongrie. En effet, il avait déclaré avoir voté « non » au référendum d’octobre 2016 en Hongrie, contre les quotas de migrants proposés par la Commission alors qu’il ne s’était pas opposé à la proposition au sein du collège.

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