Des «centres contrôlés» pour migrants pour ne pas dire hotspots

Les 28 dirigeants européens bouclent les discussions sur la crise migratoire au petit matin, 29 juin 2018, Bruxelles, Belgique. [Conseil européen]

L’idée de centres contrôlés pour migrants proposée dans les conclusions du Conseil européen rappelle singulièrement les hotspots de 2015.

L’accord des 28 sur les migrations prévoit le partage des demandeurs d’asile en des centres contrôlés, pour ne pas laisser l’Italie seule face à la pression migratoire.

La création de ces centres devrait se baser sur le principe du volontariat, afin de ne pas brusquer les pays de Visegrad, la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et la République tchèque, opposés à l’arrivée de migrants sur leur territoire. Un bon compromis en apparence, entre les pays réfracteurs à l’accueil et les pays en première ligne, qui subissent la pression due à leur position géographique.

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Mais le terme même de « centre contrôlé » ne fait pas consensus, et fait même ressurgir le fantôme des « hotspots » de 2016. Les hotspots étaient les centres d’enregistrement ouverts en Grèce et en Italie pour distinguer les réfugiés des autres migrants, avant leur acceptation et leur répartition dans l’UE. « La différence est surtout sémantique, parce que l’Italie avait un mauvais souvenir des hotspots », reconnaît une source française.

Le mécanisme a connu de gros dysfonctionnements, justement parce qu’il s’agissait de centres ouverts, desquels les migrants pouvaient sortir.

Lors d’un briefing avec la presse, la nature exacte de ces centres était au cœur des questions posées par les médias présents face à la ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau. Quand la question de savoir si ces centres contrôlés seraient en réalité totalement fermés la ministre a répondu : « Il ne s’agira pas de centres fermés, mais de centres d’où les migrants ne pourront pas sortir ». Encore une fois, tout est question de sémantique.

Le « mécanisme de partage de l’accueil est acté », assure-t-on côté français. « Cela permet de sortir par le haut d’une crispation politique constatée ces dernières semaines. »

Le système controversé de Dublin, qui précise que le pays d’arrivée d’un migrant est le pays qui doit traiter sa demande d’asile, reste quant à lui inchangé, alors que sa réforme était très attendue pendant le sommet.

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Des mesures concrètes émanant de l’accord devraient voir le jour à la fin de l’été, mais des solutions devront être trouvées ad hoc, parce que la mise en place et le financement de ces centres pourraient prendre du temps.

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