Berlin s’accorde avec Madrid sur le renvoi des migrants

epa06840952 La chancelière allemande, Angela Merkel (à droite), et le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez (à gauche), lors d'une conférence de presse conjointe à la Chancellerie de Berlin, Allemagne, 26 juin 2018. La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre espagnol se sont rencontrés pour des entretiens bilatéraux avant le Conseil européen des 28 et 29 juin 2018, au cours desquels Mme Merkel tentera de convaincre d'autres dirigeants européens d'une nouvelle réglementation concernant les réfugiés. EPA-EFE/CLEMENS BILAN [Clemens Bilan/EPA]

Berlin et Madrid sont parvenus à un accord pour renvoyer vers l’Espagne les migrants arrivés en Allemagne, mais ayant déjà été enregistré sur la péninsule ibérique, conformément au règlement de Dublin.

Les ministres de l’Intérieur allemand et espagnol ont signé une déclaration pour le renvoi en Espagne des migrants qui y sont arrivés, mais qui ont continué leur voyage vers l’Allemagne. Le texte suit un accord à ce sujet entre Angela Merkel et Pedro Sánchez lors du Conseil de juin et entrera en vigueur le 11 août.

Les autorités allemandes seront en mesure de renvoyer les migrants en Espagne dans les 48 heures et se chargeront des frais de transport. L’Espagne traitera ensuite leur demande d’asile. Les mineurs non accompagnés sont exclus de l’accord et resteront sur le sol allemand.

Cet échange de migrants est conforme au règlement de Dublin, que l’Allemagne a cependant décidé de ne pas appliquer de manière automatique, afin de ne pas submerger les pays d’arrivées comme la Grèce et l’Italie.

Selon les informations obtenues par Euractiv auprès de sources diplomatiques, l’Espagne n’a rien demandé en échange, le gouvernement cherchant uniquement à « coopérer avec ses partenaires européens » pour trouver « des solutions communes » à la crise migratoire.

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Le sujet des migrants a mis la chancelière, Angela Merkel, en difficulté, provoquant une crise au sein du gouvernement. Le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, qui dirige l’Union sociale bavaroise, le partenaire de coalition de la CUD, avait en effet menacé de faire tomber le gouvernement si Angela Merkel ne parvenait pas à mettre en place des accords bilatéraux avec d’autres pays européens afin de limiter les déplacements des migrants dans l’espace Schengen.

Berlin prépare des accords similaires avec l’Italie et la Grèce. Si les discussions sont encore en cours, elles risquent d’être très difficiles avec l’Italie, où les membres de l’extrême droite du nouveau gouvernement insistent sur la sécurité des frontières externes.

Angela Merkel et Pedro Sánchez ont prévu de se rencontrer le week-end prochain en Espagne. Ils y discuteront de questions d’intérêt commun, dont l’immigration, dans une atmosphère « amicale et détendue ».

Depuis son entrée en fonction il y a quelques mois, le Premier ministre espagnol s’est efforcé de remettre l’immigration au centre des débats politiques européens. Il a réussi à obtenir que les conclusions du dernier sommet du Conseil mentionnent la nécessité d’aider l’Espagne à faire face aux arrivées à la hausse.

L’Espagne est devenue le principal point d’entrée des migrants en Europe, devançant l’Italie et la Grèce. Le 3 août, le commissaire aux migrations, Dimitris Avramopoulos, s’est rendu à Madrid pour afficher le soutien de Bruxelles au nouveau gouvernement.

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