La Hongrie bloque toutes négociations sur l’immigration

Gardes de l’Agence européenne de garde-frontières et garde-côtes surveillant la frontière entre la Turquie et la Bulgarie au check point Kapitan Andreevo, dans le sud-est de la Bulgarie, 7 octobre 2016. [EPA/VASSIL DONEV] [EPA/VASSIL DONEV]

En désaccord avec la politique migratoire européenne, la Hongrie menace de bloquer une position commune de coopération entre l’UE et la ligue arabe. Un article de notre partenaire Der Tagesspiegel.

Avant de rencontrer les représentants de l’UE et de la ligue arabe à Bruxelles le 4 février, la Hongrie a annoncé qu’elle bloquerait une position commune de l’UE relative à la politique migratoire. Depuis plusieurs semaines, l’intransigeance hongroise bloque complètement les délibérations.

« Vendredi, nous avons été témoins d’un déchaînement diplomatique en Hongrie », a déclaré un diplomate de l’UE à l’agence allemande de presse dpa.

Le 4 février, la ligue arabe et les ministres des Affaires étrangères de l’UE, présidée par la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, préparaient à Bruxelles un sommet prévu pour les 24 et 25 février à Charm el-Sheikh en Égypte. Une occasion pour les deux organisations internationales de discuter de problématiques communes telles que le terrorisme, le changement climatique, les droits de l’Homme et l’immigration. Et c’est bien ce dernier point qui pose un problème à Viktor Orbán.

Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a soumis une proposition pour la déclaration finale du sommet de Charm el-Sheikh, rappelant la validité du droit international de la migration et du pacte mondial de l’ONU sur la migration.

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Le Parlement européen actuel ne devrait prendre aucune décision sur l’immigration et l’état de droit, parce qu’il ne représente plus les citoyens européens, a assuré la secrétaire d’État hongroise aux relations européennes à Euractiv Croatie.

« Orbán aime son rôle »

Le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, Jean Asselborn, a critiqué l’approche du gouvernement hongrois. « La Hongrie se voit comme le fer de lance occidental contre l’Islam, elle dresse des fils barbelés, prétend ignorer l’existence des réfugiés et refuse toute solidarité avec l’UE », a-t-il déclaré au Tagesspiegel.

«Viktor Orbán aime son rôle » a-t-il ajouté, en référence à son refus catégorique d’une politique d’asile commune. « Si une coalition entre Orbán, Le Pen et Salvini venait à être formée après les élections européennes, on ne pourra pas faire comme si de rien n’était. »

Déjà en août dernier, Viktor Orbán et le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, avaient déclaré avoir une approche commune pour les élections européennes. En conséquence, Matteo Salvini et la cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, avaient promis une « révolution européenne » à leurs électeurs respectifs.

Rejet de la position de l’UE

L’attitude négative du gouvernement hongrois n’a rien de surprenant.  À la suite d’une réunion avec son homologue érythréen Osman Saleh Mohammed semaine dernière, le ministre des Affaires étrangères hongrois, Peter Szijjarto, a déclaré que son pays ne partageait en rien la vision de l’UE selon laquelle la situation du continent africain rendrait l’immigration inévitable.

En septembre 2017, la Cour de justice de l’Union européenne avait estimé que la Hongrie et la Slovaquie devaient contribuer à la répartition des réfugiés. Les deux pays avaient remis en question une décision des ministres de l’Intérieur des États membres visant à répartir 120 000 réfugiés dans d’autres pays selon des clés de répartition fixes afin de soulager l’Italie et la Grèce.

Comparé aux années 2015 et 2016, le nombre de réfugiés dans l’UE est en déclin. Cependant, en raison de l’attitude négative de la Hongrie et d’autres États membres d’Europe orientale, l’UE n’a toujours pas trouvé de consensus pour réformer sur le long terme le système de Dublin, selon lequel les États membres par lesquels les réfugiés sont arrivés sont chargés de traiter leur demande d’asile.

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