Dublin envisage de rejoindre la mission navale européenne

L’Irlande doit décider le 11 juillet de rejoindre ou non l’opération Sophia de l’Union européenne, une mission navale de lutte contre le trafic d’êtres humains et les passeurs en Méditerranée.

Jusqu’à présent, l’Irlande n’a participé qu’à des opérations de sauvetage en Méditerranée dans le cadre d’un accord bilatéral avec le gouvernement italien.

Selon la télévision irlandaise, RTÉ, le ministère irlandais de la Défense demandera au cabinet le 11 juillet d’approuver sa proposition pour rejoindre la mission navale de l’UE, qui dispose d’un mandat onusien.

Pour participer à l’opération Sophia, mise en place en 2015, l’Irlande devra aussi obtenir le feu vert de son parlement et de l’ONU elle-même.

Le gouvernement espère soumettre la proposition au parlement le mercredi matin, le 12 juillet, ce qui signifie que Dublin n’aura plus qu’à attendre l’accord de l’ONU pour rejoindre la mission.

Cette décision représente un changement dans la politique irlandaise. En décembre dernier, le ministre de la Défense, Paul Kehoe, avait déclaré au parlement qu’il n’avait pas l’intention de rejoindre l’opération navale, forte de huit États membres.

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À ce jour, le rôle de la marine irlandaise en Méditerranée s’est limité à des opérations de sauvetage, sous le mandat de l’Opération Pontus.

Ces deux dernières années, les forces irlandaises ont sauvé près de 16 000 migrants, lors de leur traversée en mer souvent mortelle dans des canots gonflables basiques et des embarcations de fortune.

Si Dublin obtient les approbations nécessaires pour rejoindre l’opération Sophia, ses navires pourront s’attaquer au trafic d’êtres humains et aux passeurs.

L’opération Sophia est actuellement dans sa phase 2, c’est-à-dire qu’elle est autorisée à rechercher et arrêter les navires suspects, conformément au droit international.

Si besoin, une décision du Conseil européen et un nouveau mandat de l’ONU pourraient invoquer la phase 3, qui impliquerait une position plus agressive contre les criminels, voire une action potentielle sur le sol libyen.