La capitaine allemande qui n’abandonne pas les réfugiés

Avec ses équipes, la capitaine allemande Pia Klemp, biologiste de 35 ans née à Bonn, a sauvé des milliers de migrants en mer. [(Sea Watch)]

Pia Klemp est accusée d’aide à l’immigration illégale en Italie et risque 20 ans de prison. Avec ses équipages ont sauvé de la noyade plus d’un millier de migrants, en Méditerranée. Un portrait de notre partenaire, Ouest-France.

Accusée d’aide à l’immigration illégale, la capitaine Pia Klemp a déclenché une vague de soutiens ce week-end du 8 au 10 juin, en Allemagne. La pétition en ligne qui demande l’abandon des poursuites contre elle et ses équipages du Sea Watch 3 et du Juventa, devient même virale dans une partie de l’Union européenne : 76 385 signatures, à 18 h.

Depuis 2017, l’activiste allemande a sauvé de la noyade plus d’un millier de migrants, égarés en Méditerranée par des passeurs sans scrupule. Elle ne se décrit pas comme une enfant de choeur. Comme tous les marins, Pia Klemp a du tempérament et respecte la tradition du… tatouage. Sa peau ressemble à un bestiaire coloré de ses combats, à commencer par ce maquereau d’inspiration japonaise, qui nage sur son tibia droit.

Biologiste chez Sea Shepherd

Un héritage de sa lutte contre les flottes nippones, armées pour piquer la baleine. La biologiste, née à Bonn en 1983, a d’abord travaillé avec l’organisation Sea Shepherd, du « pirate » canadien Paul Watson. « C’est pour préserver les écosystèmes marins que j’ai appris à diriger un navire, un équipage. La petite sortie du dimanche à la voile, ce n’est pas pour moi », a confié cette sympathisante de Die Linke, la gauche radicale allemande, au journal Neues Deutschland. 

(En février, Pia Klemp avait dénoncé la façon dont l’Union européenne gérait la situation des migrants en Méditerranée, au sommet de Die Linke, la gauche radicale allemande dont elle est proche)

L’envie de chasser les chasseurs de cétacés s’est émoussée en 2015, lorsque des civils fuyant une Syrie en guerre se noyaient en masse, en mer Égée. Pia Klemp se met au service d’ONG qui secourent des réfugiés assez hardis ou désespérés pour s’embarquer sur des canots épaves. En 2017, elle est aux commandes du Sea Watch 3 lorsqu’elle remonte, en larmes, le corps d’un enfant. Puis du Juventa, lorsque la justice italienne se saisit de ce navire de l’ONG Jugend Rettet.

15 000 euros par migrant sauvé

La militante est aujourd’hui accusée d’aide à l’immigration illégale par un procureur de Sicile. Elle (et beaucoup d’autres) risque vingt ans de prison et une « amende de 15 000 euros par personne sauvée ». Elle en aurait arraché plus d’un millier aux eaux de la Méditerranée…

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