La Hongrie bloque le début des négociations de l’accord post-Cotonou

EPA/ORIETTA SCARDINO [Orietta Scardino/EPA]

Faute de consensus sur l’enjeu de l’immigration, les États membres ne parviennent pas à s’accorder sur le mandat pour entamer les négociations du prochain accord global avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

Le désaccord entre les États membres sur la place de l’immigration dans le futur accord de partenariat avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique risque de repousser le début des négociations, prévues le 1er juin.

L’accord post-Cotonou confronté à la crise migratoire

L’UE et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique doivent remettre à plat le cadre de leur relation avant 2020. La crise migratoire pourrait pousser l’UE à demander davantage en matière de politique de retour et de réadmission à ses partenaires du Sud.

Après deux réunions cette semaine sur la question du futur de l’accord de Cotonou, entre les ministres puis les ambassadeurs des États membres, aucun mandat de négociation n’est sur la table faute de consensus sur la question de l’immigration.

L’accord de Cotonou, mis en place en 2000, régit les relations commerciales, politiques, mais aussi la coopération entre l’UE et 79 pays ACP. Or ce partenariat arrive à échéance en 2020 et devra laisser sa place à un nouvel accord de coopération.

Les gouvernements européens devaient se mettre d’accord sur le mandat pour négocier le successeur de l’accord Cotonou en mai, afin que les négociations puissent s’ouvrir le 31 mai au Togo (Lomé) lors de la réunion des ministres de l’Union européenne et des pays ACP.

Calendrier serré

Mais le calendrier semble remis en cause. En effet, si le renforcement de l’accord sur le volet migratoire est sur la table, la Hongrie s’est opposée au mandat de négociation proposé lors de la réunion du 22 mai entre les ministres européens des Affaires étrangères. Et une deuxième réunion technique, qui s’est tenue le 24 mai « n’a pas permis de lever le blocage, plusieurs États membres s’étant opposés au texte de compromis qui aurait permis de lever l’opposition de la  Hongrie » a expliqué à Euractiv une source européenne.  La délégation hongroise s’est refusée à tout commentaire.

Les divergences sur la question migratoire pourraient repousser le début des négociations officielles entre l’Europe et les pays ACP, alors que le temps presse, puisque l’accord de Cotonou prévoit le lancement de ces négociations au plus tard en août 2018. « Ce n’est pas totalement impossible que l’accord de Cotonou devienne caduc en 2020 sans qu’un nouveau cadre ait été négocié » s’inquiète une source européenne.

Pour avancer, les Etats membres vont tenter de s’accorder lors d’une nouvelle réunion le 25 mai, avant un Conseil des ministres des Affaires étrangères prévu le 28. Mais la crise migratoire a exacerbé les discussions sur la place que l’immigration devra occuper dans le cadre du futur accord de partenariat, notamment sur le volet des accords de réadmission des migrants illégaux avec les pays d’origine. Et les antagonismes pourraient perdurer.

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Au-delà de la question migratoire, la définition finale du mandat de négociation a toutefois progressé. La question de la négociation d’un accord juridiquement contraignant, à l’image de Cotonou fait maintenant l’objet d’un accord entre les capitales, alors que certains pays avaient longtemps réclamé un cadre plus flexible. La durée du futur accord a aussi été tranchée, et devrait être de 20 ans + 5 ans.

Dans une position commune défendue par la France et l’Allemagne, un certain nombre de points sur la dimension économique avec le continent africain sont maintenant actés, comme l’accent donné aux investissements et au secteur privé, ainsi qu’une meilleure protection du droit des investisseurs.

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