La pandémie de Covid-19 a empêché de nombreux migrants d’arriver en Europe

Depuis le début de la pandémie de COVID_19, Frontex a pour rôle de lutter contre le virus au niveau des frontières. [EPA-EFE/FRANCESCO RUTA]

Les différents confinements et les fermetures des frontières de l’Union européenne ont réduit la mobilité, notamment celle des migrants. La situation a également compliqué le travail de l’agence Frontex.

La crise des migrants touche l’Union européenne depuis une dizaine d’années. Cependant, la Covid-19 « a bien eu un effet significatif sur le nombre de migrants irréguliers qui ont atteint l’UE l’année dernière », estime Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de gardes-côtes, interviewée par Euractiv France.

« Au début de l’année, nos analystes s’attendaient à ce que les totaux augmentent par rapport à 2019. Au lieu de cela, nous avons constaté une baisse de 13 %, pour atteindre le nombre le plus bas depuis 2013 », explique l’agence.

Avec les restrictions mises en place, tant dans les pays d’origine que de transit, « les migrants potentiels ont eu beaucoup plus de mal à se rendre à la frontière avant même de tenter de la traverser. Cela a été particulièrement évident au cours des mois de mars, avril et mai ».

Puis, la situation s’est quelque peu redressée. Si l’agence ne dispose pas de données solides à ce sujet, elle soupçonne que « les craintes liées à la contraction de la Covid-19 aient [eu] un effet sur les personnes qui envisagent de venir en Europe ».

Selon les données d’Eurostat, les premières demandes d’asile ont diminué de 37 % entre 2019 et 2020 (jusqu’à novembre), en passant de 408 680 à 257 135. Les nationalités des demandeurs n’ont pour autant pas changé en 2020 : les Syriens (63 460), les Afghans (46 935) et les Irakiens (11 485) restent les plus nombreux à avoir entamé le processus pour s’installer dans l’UE.

Nombre de premières demandes d’asile par nationalité d’origine (par mois) [edjn.localfocus.nl/#/details/b60…]

 

Selon Frontex, les principales routes empruntées par les migrants passent par la Méditerranée et les Balkans.

Franchissements illégaux de la frontière par itinéraire. Source : Frontex.

 

La pandémie a également rendu plus difficile le travail de Frontex, dont le rôle est de « protéger les frontières extérieures de l’espace de libre circulation de l’UE ». « Dans nos opérations, il était devenu beaucoup plus compliqué de transporter même des centaines de nos agents aux frontières. Pendant un certain temps, nous avons été obligés d’affréter des avions et d’organiser des vols spéciaux uniquement pour amener les agents aux frontières et les ramener chez eux », raconte l’agence.

Se sont aussi ajoutées des tâches directement liées à la situation sanitaire : « Bien sûr, nous devions aussi leur faire parvenir des masques et d’autres équipements de protection individuelle, ce qui, là encore, était une tâche complexe. »

Elle souligne que « tous les agents sont tenus de porter des masques et de respecter d’autres exigences sanitaires pour se protéger et protéger les personnes qui les entourent ». Et comme les autres agences et institutions de l’UE, elle a mis en place le télétravail par intermittence pour les agents en bureau.

Frontex a également joué un rôle dans l’expansion de la pandémie en étant « au centre de la lutte contre le virus en ce qui concerne les frontières ». « Nos experts ont élaboré des lignes directrices et des analyses de risques. De plus, nous maintenons des activités opérationnelles aux principales frontières extérieures », explique-t-elle.

Le nouveau corps permanent apporte ainsi son soutien aux autorités nationales aux frontières terrestres, maritimes et aériennes et a contribué à l’élaboration des lignes directrices relatives aux mesures sanitaires aux frontières extérieures de l’UE.

Cet article a été écrit dans le cadre du projet européen EDJNet.

EDJnet

 

 

 

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