La protection des réfugiés mineurs demeure insuffisante en Europe

[Ververidis Vasilis / Shutterstock]

En dépit des progrès effectués sur la relocalisation des réfugiés, les mesures de protection des mineurs, qui représentent un tiers des demandeurs d’asile, demeurent insuffisantes. Un article de notre partenaire Euroefe.

L’exécutif a publié le 12 avril son onzième rapport sur la situation des réfugiés en Europe, cette fois-ci du mois de mars. Il conclut que le mois dernier, les pays ont atteint un nouveau record mensuel de 2 465 personnes relocalisées, faisant grimper le nombre total à 16 340.

Par relocalisation, la Commission entend le mouvement de personnes qui se trouve déjà à l’intérieur des frontières européennes, alors que la réinstallation fait référence à l’accueil de personnes se trouvant en dehors de l’UE.

En ce qui concerne la réinstallation, les États membres « ont réalisé des progrès notables », ce qui a permis d’ouvrir les voies légales et sures à 15 492 personnes.

Record de personnes relocalisées

« En mars, nous avons atteint un record de personnes relocalisées. C’est une preuve tangible de solidarité et de responsabilité. Les États membres doivent maintenant respecter leurs engagements en la matière et intensifier leurs efforts. Ils ont l’obligation politique, morale et légale de le faire », a déclaré le commissaire européen à l’immigration, Dimitris Avramopoulos.

Le commissaire a signalé lors d’une conférence de presse que si ce rythme se maintenait, les objectifs de relocalisation de 160 000 migrants pourraient être atteints en septembre. L’Espagne doit en relocaliser 9 000.

La relocalisation de 160 000 réfugiés patine en Europe

L’Union européenne n’a relocaliseé que 4 455 réfugiés depuis la Grèce et l’Italie vers d’autres pays européens. Certains Etats comme la Hongrie ou la Pologne n’ont acceuilli aucun réfugié depuis le début de la relocalisation en 2015.

« Dans le même temps, nous avons réussi à réinstaller plus de deux tiers des 22 500 personnes à qui nous avions promis d’offrir un passage sûr et légal en juillet 2015. Ce sont des nouvelles encourageantes. Nous respectons notre engagement de partage de responsabilité avec les pays tiers comme la Turquie, la Jordanie et la Libye », a-t-il ajouté.

Quant à la relocalisation, malgré la hausse de 27 % en mars, le rapport souligne qu’environ 14 000 personnes candidates à la relocalisation attendent en Grèce et environ 3 500 personnes ont été enregistrées à ce jour en Italie.

Protection des mineurs

Au-delà des chiffres, la Commission appelle les États membres à une meilleure protection des enfants qui arrivent en Europe en mettant en place un système d’identification immédiatement après leur arrivée et en leur garantissant une aide juridique et un accès à l’éducation.

Dans ses recommandations, l’exécutif met l’accent sur la nécessité de faire en sorte que les besoins individuels de chaque enfant soient identifiés le plus vite possible à leur arrivée.

Un rapport dénonce l'échec de l'UE sur la protection des enfants réfugiés

Les États membres ne viennent pas en aide aux immigrants mineurs qui arrivent seuls en Europe, selon un rapport de la commission d’enquête du parlement britannique.

La Commission propose aussi d’affecter des fonctionnaires spécialement à la protection de mineurs dans les « hotspots » sur les côtes italiennes et grecques et a averti qu’il fallait prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter les détentions administratives d’enfants.

Les recommandations font aussi allusion à la situation fragile des mineurs non accompagnés et prévoient l’intégration dans des familles d’accueil et l’attribution de tuteurs légaux au moment de l’arrivée, qui auront pour mission de protéger leurs intérêts et leurs droits.

Dans ces cas-là, précise la Commission, il faudra redoubler d’efforts pour accélérer la recherche de la famille du mineur, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire communautaire et œuvrer à la réunification de cette famille.

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