L’Autriche envisagerait de supprimer le droit d’asile sur le sol européen

Sebastian Kurz EPA-EFE/OLIVIER HOSLET

Selon un article du Monde, l’Autriche, à la tête de la présidence tournante de l’UE, a fait part cette semaine aux Etats membres de propositions inquiétantes pour le droit d’asile.

Dans un document remis aux Etats membres et consulté par le quotidien français Le Monde, l’Autriche estime que « l’UE et les élites politiques ont perdu le contrôle de la situation » sur les migrations.

Le psychodrame européen sur la migration se termine par un accord

Après de longues tractations nocturnes, perturbées par la détermination du président du Conseil italien, les dirigeants européens ont fini par conclure un accord sur l’immigration vendredi à Bruxelles.

Le pays propose une analyse très marquée par la coalition droite-extrême droite au pouvoir. L’Autriche estime ainsi que les migrants sont surtout des jeunes hommes, « dont beaucoup seraient sensible aux idéologies hostiles à la liberté ou qui prônent la violence ».

Le document propose aussi de déplacer la politique d’asile du sol européen. Un processus appelé « système de protection qui permettrait qu’ aucune demande d’asile ne soit déposé sur le sol européen » .

L’objectif affiché par l’Autriche serait, d’ici 2025, de n’autoriser l’asile que pour ceux « qui respectent les valeurs de l’UE et ses droits et libertés fondamentales ».

Une Europe incapable

Le texte développe l’idée que la frontière extérieure de la zone Schengen n’est pas sûre. Elle est pourtant surveillée par 3000 agents de Frontex, qui seront bientôt portés à 10 000 selon la décision du dernier Conseil européen.

A l’instar des pays de Visegrad, qui ont tenté la semaine dernière au Conseil européen d’imposer l’installation de centres en dehors de l’UE pour gérer les migrations, l’Autriche n’évoque pas les « centres contrôlés » qui ont fait l’objet d’un accord au conseil, mais insiste sur les centres en dehors de l’UE, qui seraient destinés selon l’Autriche à gérer l’asile à terme.

Des «centres contrôlés» pour migrants pour ne pas dire hotspots

L’idée de centres contrôlés pour migrants proposée dans les conclusions du Conseil européen rappelle singulièrement les hotspots de 2015.

 

 

Le texte présente globalement une vision très idéologique et contraire au droit d’asile tel qu’il existe actuellement, et dont l’objet est la protection des droits de l’homme.

A l’inverse, l’Autriche estime que « en raison de leur origine et de leur manque de perspectives, ces [migrants] ont de manière répétée de gros problèmes pour vivre dans des sociétés ouvertes, et même, les rejettent. Parmi eux, on trouve un grand nombre de jeunes hommes peu ou pas éduqués. Beaucoup sont tout particulièrement sensibles aux idéologies hostiles à la liberté ou qui prônent la violence. »

Cette vision des choses semble proche de ce que le chancellier Kurz a englobé sous le projet d’ « Europe qui protège », une expression lancée par des politiques allemands, reprise par Emmanuel Macron mais derrière laquelle chacun introduit ses propres références. Pour l’Autriche, « l’Europe qui protège » supposerait de renoncer à l’action humanitaire et à la protection des droits de l’homme.

Ce qui n’est pas la vision du bloc de l’Ouest de l’UE, mais de plus en plus celle des pays de l’ex bloc communiste.

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