Le bras de fer entre la Turquie et l’UE se poursuit sur les migrations

Le président du Conseil de l'UE Charles Michel (à d.), la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (à d.), avec le président turc Recep Tayyip Erdogan (à g.) et le ministre turc des affaires étrangères Mevlut Cavusoglu (à g.) avant leur rencontre au siège de l'UE à Bruxelles, le 9 mars 2020. [EPA-EFE/JOHN THYS / POOL]

À Bruxelles, le président turc a tenté de convaincre les Européens de revoir l’accord sur l’accueil des migrants mais les dirigeants de l’UE l’ont exhorté à respecter les termes de l’accord de mars 2016. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Une certaine tension était visible lundi 9 mars 2020 au soir après la discussion, Recep Tayyip Erdogan ayant notamment choisi de se rendre directement à l’aéroport plutôt que de tenir une conférence de presse avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et celui du Conseil européen, Charles Michel.

Le président turc attendu à Bruxelles pour aborder la question des migrations

Le président turc est attendu lundi à Bruxelles, où il doit aborder la question migratoire avec les dirigeants de l’Union européenne, alors que des États membres « volontaires » envisagent de prendre en charge 1 500 enfants migrants bloqués sur les îles grecques.

« Il est clair que nous avons nos désaccords, mais nous nous sommes parlé franchement […] C’était une bonne conversation », a affirmé Ursula von der Leyen. Charles Michel a lui appelé la Turquie à « respecter les engagements » issus de l’accord UE-Turquie de mars 2016, qui prévoit que les migrants restent en Turquie, en échange d’une aide financière européenne.

« La Turquie fait beaucoup »

Avant même sa rencontre à Bruxelles avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est voulue conciliante : « Nous reconnaissons que la Turquie fait beaucoup, en s’occupant de millions de réfugiés avec notre aide. » Début 2016, dans le cadre d’un accord négocié par l’Allemande Angela Merkel, le pays s’était engagé à « retenir » les migrants sur son sol, moyennant une aide européenne de six milliards d’euros. 3,7 millions, dont beaucoup de Syriens, y vivent actuellement.

Recep Tayyip Erdogan et les deux dirigeants européens ont chargé le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, et son homologue turc, Mevlut Cavusoglu, « de clarifier la mise en œuvre de l’accord » UE-Turquie « pour être certain » que les deux parties en ont « la même interprétation », a expliqué Charles Michel. « Il est bon que les lignes de communication avec la Turquie restent ouvertes et actives », a pour sa part insisté Ursula von der Leyen, pour qui l’accord de 2016 est toujours en vigueur.

Ankara juge cependant insuffisante l’aide octroyée pour la prise en charge de quatre millions de migrants et de réfugiés, principalement Syriens, qu’elle accueille depuis des années.

Pas d’ouverture des frontières

Pas question, aujourd’hui, de laisser Erdogan réduire cet accord à néant. Fin février, agacé de voir que les Européens n’étaient pas prêts à le soutenir dans le conflit en Syrie, le président turc avait menacé de ne plus retenir les migrants.

Erdogan ouvre les vannes migratoires de l’UE

La situation à la frontière gréco-turque s’est empirée le samedi 29 février à la suite de la décision officielle d’Ankara de laisser des milliers de migrants entrer sur le territoire européen.

 

Des dizaines de milliers d’entre eux, convaincus qu’ils allaient pouvoir entrer dans l’UE, ont alors afflué à la frontière grecque. Ils y ont été accueillis à coups de matraques et de gaz lacrymogènes. Des scènes « inacceptables » qui « ne doivent pas se répéter », a prévenu Ursula von der Leyen. La Grèce s’est barricadée. Sur ses îles, elle accueille déjà 42 000 réfugiés dans des camps prévus pour 8 800 personnes…

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