Les migrants « dublinés », point faible du régime d’asile en Europe

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Les chefs des États membres n’arrivent à pas à s’accorder sur la réforme du système de Dublin, malgré l’inefficacité du système qu’il met en place. Un article de notre partenaire, Ouest-France

Après des heures de négociations, les dirigeants de l’Union européenne réunis à Bruxelles pour un sommet européen ont trouvé un accord sur la gestion de la crise migratoire fin juin. Cependant, aucun compromis n’a été trouvé sur la réforme du « règlement de Dublin », qui définit dans quel pays un migrant doit déposer sa demande d’asile.

Qui sont les « dublinés » ? 

Le qualificatif fait référence au règlement Dublin, adopté par l’Union européenne en juin 2013. Il fait du premier pays qui a contrôlé un migrant, le responsable de sa demande d’asile. En première ligne : la Hongrie et l’Allemagne, en 2015, avec la route des Balkans ; la Grèce, l’Italie et l’Espagne, au bord de la Méditerranée. Ces pays enregistrent les empreintes des migrants dans le fichier Eurodac, que consultent les autres États.

Sont « dublinées » toutes les personnes ayant quitté le premier pays de l’UE qu’ils ont foulé. Le deuxième pays qu’ils ont choisi peut utiliser le règlement Dublin pour les renvoyer d’où ils viennent.

Combien sont-ils ? 

Il y aurait près de 600 000 « dublinés » dans l’UE, dont 300 000 en France. Beaucoup arrivent aussi d’Allemagne, qui a fait le tri entre réfugiés du conflit irako-syrien et migrants économiques, et qui a débouté 432 000 demandeurs d’asile. « Les expulsions Dublin sont partout en augmentation depuis la fin de 2016 », note le site Asylum information Database (Aida).

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Le Premier ministre autrichien a fait de la protection des frontières extérieures une priorité de sa présidence de l’UE. Mais la crise politique en Allemagne pourrait mener à une résurrection des frontières intérieures du bloc.

L’Allemagne, par exemple, a voulu en renvoyer 64 267 en 2017. Entre les recours des migrants et le feu vert du pays où la personne doit être transférée, seuls 7 000 l’ont été. « Ceux qui refusent de s’enregistrer dans les centres ou s’opposent à leur transfert en avion sont considérés comme en fuite. Ils vivent cachés et sortent des statistiques »constate Minos Mouzourakis, coordinateur grec d’Aida.

Ce règlement est-il efficace ? 

Non. Les dirigeants et les députés européens le savent. Le règlement Dublin fait peser trop de responsabilités et tout le poids économique sur les seuls pays d’arrivée. Et tous traînent des pieds pour reprendre un « dubliné » enregistré chez eux. « Le règlement doit être revu depuis deux ans, peste l’Italienne Cécile Kyenge, eurodéputée sociale-démocrate. La réforme devait être au cœur du sommet européen de juin. » Elle a été encore repoussée. Le sort des « dublinés » a été renvoyé au bon vouloir de chaque pays, à condition qu’ils respectent le régime d’asile européen.

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