Les Républicains snobent la discussion sur le pacte de Marrakech à l’Assemblée Nationale

Ni Les Républicains ni le Rassemblement National n'ont fait le déplacement en commission pour exprimer leurs craintes au sujet du pacte de Marrakech.

Le parti de droite a donné de la voix ces dernières semaines contre le « pacte de Marrakech », qui a été ratifié le 19 décembre. La veille, un débat sur le sujet était organisé en commission à l’Assemblée sans aucun député Les Républicains.

C’est peu dire que le pacte le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières a fait débat. « Plus qu’aucun autre pacte récent de l’ONU », selon Pascal Teixeira da Silva, l’ambassadeur français des migrations, qui a participé aux négociations.

En France, plusieurs partis de la droite de l’échiquier politique ont dénoncé cet accord en profitant de la caisse de résonance offerte par le mouvement des « gilets jaunes ». Lydia Guirous, porte-parole des Républicains, évoquait au moment de l’accord formel à Marrakech, le 10 décembre, un « déni de démocratie ».

Le Pacte sur les migrations, un texte non contraignant qui suscite la panique

Peu ambitieux et déjà validé, le Pacte sur les migrations de l’ONU qui doit être signé le 10 décembre prochain à Marrakech génère un vent de panique en Europe. Notamment en France et en Belgique.

 

« La France s’engage en catimini »

Elle reprochait au gouvernement de n’avoir pas consulté le Parlement sur cette question alors que le texte « promeut un appel migratoire » : « Il est intolérable que la France s’engage en catimini au sujet de l’immigration. »

Un discours alarmiste qui n’a pas lieu d’être pour Pascal Teixeira da Silva, invité à venir débattre par la commission des affaires étrangères, mardi 18 décembre. Aucun député des Républicains ou du Rassemblement National n’étaient présents pour donner la réplique à l’expert.

La France isolée face à l’impasse européenne sur la question migratoire

La politique migratoire du président Macron est en difficulté. Pour assumer sa politique africaine, et relancer la dynamique européenne la France devrait théoriquement accueillir plus de migrants, mais l’opinion publique y semble peu favorable.

Pour cause, le pacte est absolument non-contraignant juridiquement et ne donne voie à aucune création d’institution internationale nouvelle. Rien n’oblige donc légalement le gouvernement a demandé l’assentiment de son Parlement sur un texte qui n’aura aucune conséquence obligatoire sur la législation.

Débattu au Parlement dans certains pays

« C’est un pacte à portée politique qui n’oblige en rien les États. Aucun droit à la migration n’est formulé et la souveraineté des États en matière de politique migratoire est préservée », rappelle l’ambassadeur des migrations.

Le Pacte sur les migrations déchire le gouvernement belge

Le Premier ministre belge a pris la tête d’un gouvernement minoritaire, après la démission des ministres nationalistes flamands de la coalition gouvernementale, en raison d’une divergence profonde sur le Pacte de l’ONU sur les migrations.

Certains pays ont malgré tout choisi la voie parlementaire pour poser le débat nationalement. C’est le cas de l’Italie, de la Suisse ou de la Belgique. Charles Michel, le chef du gouvernement belge a d’ailleurs été contraint à la démission le 19 décembre suite à l’opposition d’un parti nationaliste flamand, membre de la coalition gouvernementale.

À Marrakech, 164 États et l’UE s’étaient engagés formellement sur ce pacte. Il a été officiellement ratifié à New-York le 19 décembre à une très large majorité et trois pays européens ont finalement voté contre : la Pologne, la Hongrie et la République Tchèque.

L’ONG Amnesty International dénonce ces votes en soulignant que ces États sont « responsables des pires abus contre des migrants ces dernières années ».

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