L’Espagne ne connaît pas la baisse des flux migratoires

Environ 12 900 immigrants sont arrivés en septembre dans l’UE, soit 21 % de moins que l’année dernière durant le même mois. Pourtant les arrivées ont quadruplé en Espagne par rapport à 2017. Un article d’Euroefe.

Plus de la moitié des 12 900 migrants arrivés en septembre dans l’UE sont arrivées en Espagne, a informé Frontex, l’agence européenne chargée du contrôle et de la gestion des frontières.

Lors des neuf premiers mois de 2018, le nombre de migrants illégaux arrivés en UE via les quatre principales routes migratoires s’est élevé à 110 000 personnes, soit un tiers de moins que l’année précédente. Une baisse due notamment à la fermeture de la route de Méditerranée centrale par l’Italie qui a récemment décidé de fermer ses portes aux réfugiés arrivant par la mer.

Durant cette même période, la route de Méditerranée occidentale qui passe par l’Espagne a enregistré près de 35 500 arrivées, plus du double par rapport aux neuf premiers mois de 2017, affirme Frontex.

Les Marocains, Guinéens et Maliens représentent le plus grand nombre d’arrivées en Espagne depuis le début de l’année et les personnes en provenance des pays d’Afrique subsaharienne représentent déjà plus des trois quarts de tous ceux qui sont arrivés en Espagne.

Chute en Italie, hausse en Espagne

Le nombre total de migrants arrivés en Italie durant les neuf premiers mois de 2018 a chuté de 87 % par rapport à 2017, pour atteindre 20 900 personnes.

Depuis le début de l’année, les Tunisiens et Erythréens sont les deux nationalités les plus représentées parmi les immigrants illégaux arrivés en Italie.

En Grèce, 5 400 arrivées irrégulières par la route dite de la Méditerranée orientale ont été enregistrées en septembre, soit 25 % de moins qu’en juillet 2017.

Le chaos européen se poursuit sur l’Aquarius

En accord avec la France et l’Espagne, le gouvernement portugais a annoncé pouvoir accueillir 10 des 58 migrants du navire Aquarius. La question du port d’arrivée n’est toujours pas tranchée. Un article d’Euroefe.

Toutefois, le nombre d’arrivées au cours des sept premiers mois de l’année a augmenté de 40 % pour atteindre 40 300, principalement en raison de l’augmentation significative du nombre d’arrivées par les frontières terrestres avec la Turquie.

Les Syriens et les Irakiens restent les deux principales nationalités qui atteignent la Grèce par la route de la Méditerranée orientale.

La principale route migratoire à travers les Balkans occidentaux, de la Serbie vers la Hongrie et la Croatie, est de moins en moins empruntée par les migrants irréguliers, tandis que la route parallèle à travers l’Albanie, le Monténégro et la Bosnie a enregistré une pression migratoire accrue cet été, toujours d’après Frontex.

Multiplier les aides

Le ministre espagnol des Affaires étrangères et de la Coopération, Josep Borrell, a réclamé le 16 octobre à Luxembourg « beaucoup plus d’aide » aux pays africains comme le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal pour la gestion de l’immigration.

« Nous devons aider le Maroc davantage, beaucoup plus. L’Espagne souhaite que la côte atlantique du Maroc, de la Mauritanie et du Sénégal, reçoive beaucoup plus d’aide que ce qui a été donné jusqu’à présent, car ils en ont besoin », a déclaré Josep Borrell dans une conférence de presse à l’issue d’un Conseil des ministres européens des Affaires étrangères.

Lors de cette rencontre, les dirigeants européens ont abordé, entre autres, la question de l’immigration sous son aspect extérieur et la situation en Libye, où « un nombre important de migrants subsahariens sont restés bloqués » parce qu’ils ne peuvent pas partir par mer et ne veulent pas retourner dans leur pays d’origine, a-t-il rappelé.

« Nous avons clairement fait savoir que la théorie de la diminution des flux migratoires n’est pas vraie », a asséné le ministre espagnol.

« C’est vrai si vous regardez du point de vue du centre de la Méditerranée », où l’Union européenne déploie la mission navale « Sofia » pour dissuader le modèle économique des trafiquants d’êtres humains.

D’autre part, il a souligné qu’« à la frontière orientale de l’Union, en provenance de Turquie, les flux migratoires ont augmenté de 50 % depuis le début de l’année » et de 150 % dans la partie occidentale de la Méditerranée.

« Les flux migratoires n’ont pas diminué, mais ils se sont déplacés », a-t-il précisé, en prenant comme exemple le « principe des vases communicants ».

C’est pourquoi il a appelé à s’attaquer aux « disparités démographiques et de revenus entre l’Europe et l’Afrique » et a estimé qu’« il n’y a pas de frontière comme la Méditerranée qui sépare deux réalités aussi différentes ».

« Il faut s’y attaquer de manière structurelle et, en attendant, trouver des solutions à court terme », a-t-il conclu.

Au cours du Conseil, les ministres européens ont discuté avec le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, et le directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations, António Vitorino, de leur travail commun en Libye.

« Nous avons décidé de nous appuyer sur les bons résultats que nous avons déjà obtenus, de renforcer notre coopération avec l’ONU et d’autres partenaires, en particulier l’Union africaine et les pays d’origine et de transit, et de fournir des fonds supplémentaires provenant de notre Fonds Afrique pour des projets le long des routes migratoires », a déclaré Federica Mogherini, cheffe de la diplomatie européenne.

La responsable italienne a souligné que les ministres se concentreront également sur les « nouveaux moyens » de lutter contre le détournement des routes migratoires de la Méditerranée centrale.

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