L’ONU exhorte l’UE à suspendre le transfert de migrants vers la Hongrie

Le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a « exhorté » lundi l’Union européenne à suspendre les transferts de demandeurs d’asile vers la Hongrie, où une loi prévoyant la mise en détention systématique des migrants est entrée en vigueur fin mars.

Avec cette nouvelle loi, « la situation des demandeurs d’asile en Hongrie, qui préoccupait déjà profondément le HCR, n’a fait qu’empirer », a déclaré le Haut Commissaire, l’Italien Filippo Grandi, dans un communiqué faisant état de rapports sur des violences exercées contre les migrants.

« J’exhorte les États à suspendre tout transfert de demandeurs d’asile (dits de) Dublin vers ce pays jusqu’à ce que les autorités hongroises mettent leurs pratiques et politiques en conformité avec le droit européen et international », a-t-il ajouté.

L’accord européen de Dublin (qui s’applique également à la Suisse, à la Norvège, à l’Islande et au Liechtenstein) fait reposer sur l’État d’entrée dans l’UE la responsabilité de prendre en charge un migrant ou demandeur d’asile. Ainsi, un migrant qui dépose une demande d’asile en Allemagne après avoir déposé une première demande d’asile en Hongrie doit en principe être transféré vers la Hongrie.

Dans ce cadre, 513 migrants ont été transférés en Hongrie en 2016 (sur près de 26 700 demandes de transferts déposées par des pays européens auprès de Budapest), selon le comité Helsinki hongrois, une organisation de défense des droits de l’Homme.

« Le gouvernement démantèle délibérément les règles du système d’asile en Hongrie et, ce faisant, met en danger les réfugiés. Ce n’est pas digne d’un pays européen », a déclaré à l’AFP un représentant de cette organisation, Gabor Gyulai.

La Hongrie s'apprête à construire une nouvelle barrière anti-migrants

Le cabinet de Viktor Orbán a notifié l’intention de la Hongrie de construire une nouvelle clôture le long de sa frontière avec la Serbie, au sud du pays, afin de repousser les migrants en cas de dégradation de la situation dans les mois à venir.

Fin mars, le gouvernement du Premier ministre nationaliste Viktor Orban a ordonné la détention indéfinie des migrants dans des camps à la frontière. Selon la nouvelle législation, tous les demandeurs d’asile présents en Hongrie ou y arrivant doivent être regroupés dans deux camps fermés installés à la frontière serbe, à Röszke et à Tompa.

Selon les autorités, les camps ont été équipés de 324 conteneurs habitables. Les migrants devront y séjourner dans l’attente d’une décision définitive concernant leur demande d’asile et il ne leur sera possible de quitter les lieux qu’en cas d’avis positif ou s’ils retournent en Serbie, selon Budapest.

Depuis l’entrée en vigueur de la mesure, le 28 mars, les demandeurs d’asile sont détenus « à la frontière dans des containers entourés de hautes clôtures de barbelés pendant toute la durée de la procédure », déplore le HCR.

Selon l’agence onusienne, au 7 avril, 110 personnes, dont des enfants (dont 4 non accompagnés), y étaient détenues.

« Tout en reconnaissant les efforts récents des autorités pour lutter contre la violence policière, nous restons très préoccupés par des rapports très inquiétants de graves incidents de mauvais traitements et de violence […] y compris par des agents de l’État » à l’encontre des migrants arrivant en Hongrie, a souligné M. Grandi.

Les pays de Visegrád ne bougent pas d'un iota sur l’accueil des réfugiés

En l’absence de nouveau système d’asile européen, le bloc de l’Est n’a aucune raison de changer d’avis sur la relocalisation des réfugiés. Un article des bureaux d’EURACTIV en République tchèque, en Slovaquie et en Pologne, ainsi que  du think tank hongrois Political Capital.

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