L’UE demande à Erdoğan de lever les derniers obstacles pour renouer avec Ankara

Les dirigeants européens ont toutefois demandé à la Commission européenne de préparer la modernisation de l’union douanière entre l’UE et la Turquie. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Les dirigeants de l’UE ont invité jeudi (24 juin) le président turc Recep Tayyip Erdoğan à lever les derniers obstacles pour renouer les relations après une année de fortes tensions.

« L’État de droit et les droits fondamentaux en Turquie restent une préoccupation majeure », ont-ils précisé dans les conclusions adoptées jeudi soir lors de leur dernier sommet avant la pause de l’été.

Les dirigeants européens ont également insisté sur leur attachement à « un règlement global du problème chypriote sur la base d’une fédération bicommunautaire avec des droits politiques égaux, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies ».

Chypre est divisée depuis l’invasion en 1974 du tiers nord par l’armée turque, en réaction à un coup d’État visant à rattacher l’île à la Grèce. La République Turque de Chypre du Nord, reconnue uniquement par Ankara, veut la reconnaissance de deux États indépendants et égaux.

« L’UE a enregistré une volonté d’apaisement de la part de la Turquie, mais les conditions pour l’adoption de mesures positives ne sont pas réunies », a expliqué un diplomate européen.

Les dirigeants européens ont toutefois demandé à la Commission européenne de préparer la modernisation de l’union douanière entre l’UE et la Turquie.

Ils ont également invité la présidente de l’exécutif bruxellois à « présenter sans délai des propositions formelles pour la poursuite du financement des réfugiés syriens et des communautés d’accueil en Turquie, en Jordanie, au Liban et dans d’autres pays de la région ».

La Commission européenne a proposé d’allouer 5,7 milliards d’euros pour financer l’aide aux Syriens réfugiés en Turquie, au Liban et en Jordanie jusqu’en 2024.

Une enveloppe de 3,5 milliards d’euros est destinée aux actions en faveur des 3,7 millions de Syriens installés en Turquie depuis 2011 pour fuir le conflit dans leur pays.

« La proposition n’a pas été endossée au sommet, mais la Commission a compris que l’argent doit venir du budget commun et non des États membres, et les discussions vont maintenant commencer sur les modalités de ce financement », a expliqué le diplomate européen.

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En 2020, pour la septième année consécutive, la Turquie accueillait la plus importante population de réfugiés au monde (3,7 millions), soit 15 % de l’ensemble des personnes déplacées dans le monde. Décryptage.

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