Migrants : Riga introduit un état d’urgence, Vilnius construit une barrière sur la frontière avec le Bélarus

Groupe de migrants illégaux détenus à Vorzova, Lettonie, mercredi (11 août). La décision de déclarer l’état d’urgence a été prise en tenant compte du nombre de cas de franchissement illégal de la frontière entre la Lettonie et le Bélarus et de l’augmentation rapide du nombre de cas de franchissement illégal de la frontière de l’État. [EPA-EFE/VALDA KALNINA]

La Lettonie a annoncé mardi (10 août) l’introduction d’un état d’urgence local le long de sa frontière avec le Bélarus, alors que le Parlement lituanien a adopté une loi permettant de construire une clôture pour endiguer un afflux de migrants.

Au cours des dernières 24 heures, quelque 200 migrants sont entrés du Bélarus en Lettonie, pays de l’UE et de l’OTAN de 1,9 million d’habitants.

« Le régime d’urgence signifie que la frontière entre la Lettonie et le Bélarus sera pratiquement fermée à tout le monde », a déclaré le Premier ministre letton Krišjānis Kariņš.

L’état d’urgence entrera en vigueur mercredi (11 août) et se prolongera jusqu’au 10 novembre.

Les États-Unis prennent de nouvelles sanctions contre la Biélorussie

L’administration de Joe Biden s’apprête à durcir les sanctions contre le régime d’Alexandre Loukachenko en Biélorussie. Des personnalités, des entreprises, etc vont être visées.

En Lituanie voisine, le Parlement a adopté mardi une loi donnant un feu vert à la construction d’une clôture le long de sa frontière avec le Bélarus.

La loi qui a été adoptée par 80 votes pour et deux abstentions donne au projet un statut d’importance nationale, ce qui l’exclut de certaines restrictions concernant les appels d’offres, selon l’agence BNS.

« Nous devons avoir une frontière forte et fiable avec le Bélarus […] dès que possible », a déclaré la ministre de l’Intérieur Agnė Bilotaitė, notant que la loi permettrait de réduire de moitié le temps de construction.

La Lituanie envisage de construire une clôture en accordéon, accompagné d’un grillage, dont le coût est estimé à environ 152 millions d’euros.

La Lituanie, qui a offert un fort soutien et un refuge à l’opposition bélarusse, a commencé cette semaine de refouler des migrants après que plus de 4 000 personnes sont entrées dans ce pays en provenance du Bélarus depuis le début de l’année.

Vilnius et Bruxelles accusent l’homme fort bélarusse Alexandre Loukachenko d’avoir délibérément encouragé de nouvelles arrivées de migrants illégaux en représailles aux sanctions contre son régime.

Les ministres de l’Union européenne doivent discuter de cette question la semaine prochaine.

Mardi également, l’Union européenne a déclaré qu’il y avait eu une « diminution significative » des passages de migrants après que l’Irak a suspendu ses vols vers le Bélarus à la suite des demandes de l’UE et de la Lituanie.

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Des entités officielles, telles que des compagnies aériennes et des agences de tourisme, sont impliquées dans le trafic d’êtres humains organisé via le Bélarus, a déclaré le ministre des Affaires étrangères de Lituanie, Gabrielius Landsbergis, à EURACTIV dans un entretien exclusif.

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