Bruxelles juge la crise migratoire terminée

Dimitris Avramopoulos [Shutterstock]

La crise migratoire en l’Europe est terminée, a déclaré le commissaire aux migrations de l’UE, accusant « la désinformation, les mensonges et les infox » d’obscurcir le débat.

« Les temps de crise, où des centaines de milliers de personnes arrivaient par la mer en Italie et en Grèce sont derrière nous », a déclaré Dimitris Avramopoulos, commissaire européen chargé des migrations, aux journalistes, ajoutant que la migration vers l’UE était « revenue aux niveaux de 2013 ».

Il a toutefois admis que « la migration [était] toujours en tête de l’agenda politique et [continuerait] à figurer en bonne place dans de nombreuses campagnes électorales à travers l’Europe à l’approche des élections européennes ».

« Au milieu de la désinformation, des contrevérités et des fausses informations, il est parfois difficile de savoir ce qui se passe réellement quand il s’agit de migration en Europe », a-t-il déclaré.

Selon les données publiées par le Bureau européen d’appui en matière d’asile en février, le nombre de demandes d’asile dans l’UE est tombé à 634 700 en 2018, soit une baisse de 10 % par rapport à 2017. Au plus fort de la crise, les demandes d’asile ont culminé à 1,4 million et 1,3 million en 2015 et 2016, respectivement.

Cependant, Dimitris Avramopoulos a averti que l’Espagne subissait « une pression migratoire particulière » et continuerait à avoir besoin d’un soutien d’urgence de l’UE.

Pourtant, malgré la baisse des arrivées, la perception d’un fort afflux migratoire persiste. Selon l’Eurobaromètre, quelque 40 % des Européens considèrent l’immigration comme l’un des deux problèmes les plus importants auxquels l’UE est confrontée.

La crise migratoire persiste dans l'imaginaire européen

Si les chiffres montrent que la crise migratoire en Europe est terminée, le sujet continue pourtant à être utilisé par les politiques. Et demeure en haute de la liste des préoccupations des Européens.

Dans le même temps, les gouvernements européens sont dans l’impasse depuis plus d’un an sur la refonte de la politique d’asile de l’Union et sur la question controversée des quotas de relocalisation.

Cela a poussé l’exécutif européen à tisser de nouveaux partenariats avec les pays d’Afrique du Nord, sur le modèle de l’accord sur le contrôle des migrants conclu avec la Turquie en 2015. Dimitris Avramopoulos a fait l’éloge du Maroc.

« Il est clair que nous devons renforcer nos relations avec le Maroc », a-t-il déclaré, appelant l’UE à développer « un partenariat plus étroit et plus ambitieux avec le pays ».

Un fonctionnaire marocain a déclaré à Euractiv que Rabat souhaitait nouer une « relation privilégiée avec l’UE ». L’automne dernier, l’UE et le Maroc se sont mis d’accord sur un programme de 140 millions d’euros destiné à renforcer la sécurité aux frontières du Maroc.

Bien que le commissaire ait donné à l’ensemble de l’UE un bilan de santé positif, il n’a pas hésité à critiquer la manière dont le gouvernement d’Alexis Tsipras a géré la migration vers la Grèce.

« Les conditions désastreuses et la surpopulation dans les îles [grecques] restent très préoccupantes », a déclaré le commissaire, qui estime que les autorités grecques « doivent mettre en place une stratégie nationale de gestion ».

L’UE a tenté de conclure des accords de contrôle des migrations avec des pays comme l’Égypte et la Tunisie, ce qui a poussé l’Union africaine à appeler tous ses États membres à rejeter les pressions exercées par l’UE pour autoriser l’accueil sur le sol africain de camps de migrants ou de « plateformes de débarquement ».

« L’Europe devra encore s’acquitter de son devoir, nous devrons encore mieux gérer les migrations au sein de l’Europe et nous devrons être en mesure de mettre un terme aux mouvements secondaires ou à l’achat d’asile », a déclaré le commissaire, exhortant une nouvelle fois les gouvernements à « finaliser la réforme du système européen commun de l’asile ».

« Ce dont nous avons besoin, c’est de volonté politique… nous ne pouvons pas continuer à compter sur des mesures ad hoc », a déclaré Dimitris Avramopoulos.

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