Naufrage de migrants : « la France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière », affirme Macron

« Nous devons accélérer le démantèlement des réseaux criminels en lien avec la Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne », a déclaré Emmanuel Macron en réaction au naufrage au large de Calais, ce mercredi (24 novembre). [LUDOVIC MARIN/epa]

Après la mort d’au moins 31 migrants dans la Manche, mercredi (24 novembre), le chef de l’État a demandé le « renforcement immédiat des moyens de l’agence Frontex aux frontières extérieures » de l’UE, selon un communiqué de l’Élysée.

Le chef de l’État français a réclamé « une réunion d’urgence des ministres européens concernés par le défi migratoire » et assuré que « tout sera(it) mis en oeuvre pour retrouver et condamner les responsables » de ce drame.

Son Premier ministre, Jean Castex, tiendra ce jeudi (25 novembre) une réunion interministérielle sur ce dossier avec les ministres de l’Intérieur, Gérald Darmanin, de la Justice, Éric Dupond-Moretti, des Armées, Florence Parly, de la Mer, Annick Girardin, des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le secrétaire d’État à l’Europe, Clément Beaune, selon ses services.

Dans son communiqué, le président Macron fait état d’au moins 31 morts alors que le précédent bilan de la police s’établissait à 27 personnes ayant péri mercredi dans le naufrage de leur embarcation au large de Calais, ville du nord de la France, devenue le point de départ des tentatives de traversées vers les côtes britanniques.

Ce drame est le plus meurtrier depuis l’envolée en 2018 des traversées migratoires de la Manche, face au verrouillage croissant du port de Calais et du tunnel sous la Manche empruntés jusque-là par les migrants tentant de rallier l’Angleterre.

« Nous sommes tous émus par cette tragédie qui heurte chacun dans son intimité et dans ses valeurs », a déclaré également Emmanuel Macron, exprimant sa « compassion » et le « soutien inconditionnel de la France » aux familles des victimes.

« C’est l’Europe dans ce qu’elle porte de plus profond – l’humanisme, le respect de la dignité de chacun – qui est endeuillée », ajoute-t-il. Il a mis en cause les « réseaux de passeurs qui, en exploitant la misère et la détresse, mettent en danger des vies humaines et finalement déciment des familles ».

« La France agit, en lien avec la Grande-Bretagne, pour démanteler les réseaux de passeurs » et « depuis le début de l’année, grâce à la mobilisation de 600 policiers et gendarmes, 1552 passeurs ont été interpellés sur le littoral Nord et 44 réseaux de passeurs démantelés », a affirmé le président, en ajoutant que « 7800 migrants ont été sauvés ».

« Malgré cette action, 47000 tentatives de traversées ont eu lieu depuis le 1er janvier », selon M. Macron. « Si nous n’amplifions pas dès aujourd’hui nos efforts, d’autres tragédies se reproduiront », a-t-il ainsi prévenu.

Pour cela, « nous devons accélérer le démantèlement des réseaux criminels en lien avec la Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne ».« Nous le devons aux victimes, aux orphelins, aux familles. Nous nous le devons », a-t-il conclu.

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