Andrej Babiš s’attaque à la migration pour son premier sommet européen

Andrej Babis, lors de sa cérémonie d'investiture au chateau de Prague, le 6 décembre 2017. [Martin Divisek/EPA]

Le nouveau Premier ministre tchèque, Andrej Babiš, participera la semaine prochaine à son premier sommet européen. Il compte défendre la vision de son pays sur la migration et les quotas de réfugiés.

Andrej Babiš, 63 ans, et second homme le plus riche du pays, a fait campagne sur une plateforme eurosceptique pour les élections du 22 octobre, remportées par son mouvement centriste, ANO. Toutefois, la plupart des partis ont refusé de coopérer avec lui, ce qui l’oblige à gouverner en minorité.

Lors de la cérémonie d’investiture au château de Prague, le 6 décembre, il a déclaré que le sommet était particulièrement important pour lui car « des sujets concernant la sécurité tchèque seraient discutés », c’est-à-dire la migration et le Brexit.

Durant sa campagne, l’immigration était au centre de son programme politique européen. Andrej Babiš a plusieurs fois déclaré que l’immigration était le plus grand défi auquel l’UE devait faire face et qu’il devait être rapidement et efficacement résolu, « loin du territoire européen ».

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Pour lui, la clé de la gestion de la migration est la lutte contre les trafiquants d’êtres humains. Et c’est ce qu’il veut expliquer aux autres dirigeants européens les 14 et 15 décembre prochain.

« Nous avons des opinions différentes sur la migration », a déclaré Andrej Babiš. « Notre pays devrait être plus proactif et proposer une solution, qui est de lutter contre le trafic d’êtres humains. »

Juste après sa nomination, Andrej Babiš, avait aussi déclaré qu’il voulait convaincre la Commission européenne de ne pas poursuivre en justice la République tchèque à cause de leur refus des quotas de migration, car ceux-ci « ne sont pas la bonne solution ».

Les Tchèques critiquent le mécanisme de relocalisation des réfugiés depuis son introduction et refusent d’accepter des réfugiés venant d’Italie et de Grèce dans le cadre du système. À ce jour, le pays a accepté 12 personnes seulement.

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En République tchèque, les discours radicaux contre les réfugiés ont fait un hold-up sur le débat politique à la veille des législatives. Le pays a accueilli 12 réfugiés sur les 1600 qui lui étaient impartis.

La Commission européenne a lancé une procédure d’infraction contre la Pologne, la Hongrie et la République tchèque, qui refusent d’accueillir des réfugiés. Cette semaine, l’exécutif devrait mettre à jour ces procédures.

Les critiques d’Andrej Babiš ne concernent pas seulement la gestion de la crise migratoire mais aussi la bureaucratie accrue de l’UE. Il estime donc que celle-ci doit être réformée. Le Premier ministre tchèque a confirmé son approche réformiste le mois dernier lors d’une réunion avec le chef de file de l’ALDE, Guy Verhofstadt. À cette occasion, il a déclaré que son gouvernement présenterait des propositions concrètes pour améliorer l’UE.

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Eurosceptique, mais pas partisan d’un tchèxit

Malgré ses critiques de l’UE, il est peu probable que le nouveau chef d’État pousse son pays vers la sortie du bloc. Andrej Babiš considère plutôt que l’UE est « un projet incroyable grâce auquel nous avons la paix et la libre circulation en Europe ».

Il a réaffirmé cette position contre un référendum de sortie de l’UE lors de sa rencontre avec Tomio Okamura, chef de file du parti de droite anti-UE, Démocratie directe et liberté, qui a terminé troisième aux élections parlementaires. Les deux responsables ont décidé de ne pas coopérer car leurs programmes étaient trop divergents.