Pologne : manifestations contre les refoulements de migrants à la frontière

Selon les témoignages de migrants et des organisations non-gouvernementales, la Pologne pratique le refoulement qui consiste à reconduire les migrants interpellés à la frontière, et les pousser à retourner en Biélorussie. [ARTUR RESZKO/EPA]

Quelques milliers de personnes ont manifesté dimanche (17 octobre) à Varsovie contre les refoulements de migrants pratiqués à la frontière de l’Union européenne, entre la Pologne et la Biélorussie.

Depuis le mois d’août, des milliers de migrants, originaires pour la plupart du Moyen-Orient et d’Afrique, tentent de franchir la frontière polonaise depuis la Biélorussie.

Selon les témoignages de migrants et des organisations non-gouvernementales, la Pologne pratique le refoulement qui consiste à reconduire les migrants interpellés à la frontière, et les pousser à retourner en Biélorussie.

Les manifestants, réunis à l’appel de plusieurs ONG ont parcouru le centre de la ville, brandissant des pancartes « Stop aux tortures à la frontière », « Personne n’est illégal » ou « Cette nuit quelqu’un va mourir de froid à la frontière ».

Des manifestations de moindre envergure se sont tenues dans d’autres villes de Pologne, selon les médias locaux.

Au total, sept personnes ont perdu la vie à cette frontière orientale de l’UE, depuis le début de l’afflux migratoire observé dans la région depuis l’été, selon les autorités polonaises, lituaniennes et biélorusses.

Jeudi (14 octobre), le Parlement polonais a approuvé un amendement à la loi sur les étrangers qui légalise la pratique de refoulement, et ce en dépit d’une demande d’asile.

Actuellement, cette pratique est fondée sur un simple arrêté ministériel.

Le Parlement a aussi donné son feu vert au projet gouvernemental de construire un mur pour empêcher les migrants de franchir la frontière, un projet estimé à 353 millions d’euros.

Nombre d’ONG critiquent la Pologne pour avoir imposé un état d’urgence à sa frontière orientale, qui empêche les organisations humanitaires d’aider les migrants et interdit l’accès à tous les non-résidents, y compris aux journalistes.

L’Union européenne accuse Minsk d’orchestrer cet afflux, en représailles aux sanctions imposées par l’UE à la suite de la répression de l’opposition par le régime bélarusse.

Les migrants qui viennent massivement en Biélorussie, sont dirigés ensuite vers les frontières de l’UE (avec la Pologne, Lettonie, Lituanie). Ils y restent surveillés d’une part par les garde-frontières bélarusses et de l’autre par les forces de l’ordre polonaises, lituaniennes ou lettones.

Il y a un mois, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) s’est dit « préoccupé par les informations alarmantes » à la frontière polonaise.

Migrants en Biélorussie : report inattendu de la réunion entre Bruxelles et les pays impliqués

L’exécutif européen a convoqué jeudi (14 octobre) des représentants de Pologne, de Lituanie et de Lettonie pour discuter du sort des migrants bloqués à leur frontière avec la Biélorussie. Mais la réunion n’a pas eu lieu.

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