Les migrants restent bloqués dans les Balkans

Des membres de l’armée serbe protègent la frontière entre la Serbie et la Bulgarie pour tenter de bloquer l’entrée illégale de migrants. [Djordje Savic/EPA]

Un rapport d’un think-tank allemand révèle les faiblesses de l’accord avec la Turquie visant à réduire l’afflux de migrants vers l’Europe. L’immigration est au menu du Conseil européen.

Une discussion franche sur les « aspects externes » de l’immigration doit bel et bien lieu au Conseil européen, selon des diplomates.

Le Friedrich Ebert Stiftung a publié un rapport le 21 juin soulignant la fragilité de la situation depuis l’accord UE-Turquie, qui, en théorie, a entraîné la fermeture de la route des Balkans occidentaux.

En réalité, le rapport indique que la route des migrants a seulement été déviée, le point d’entrée au sud étant passé des îles grecques à la frontière terrestre entre la Bulgarie et la Turquie.

Sur l’ancienne route, les migrants restaient bloqués en Serbie, alors qu’avec la déviation ils se retrouvent coincés en Bulgarie, puisque tous les pays plus à l’ouest ont renforcé les contrôles aux frontières et repoussent les réfugiés, indique le rapport.

À part la Grèce, à la fin de l’année 2016, la Serbie et la Bulgarie étaient les pays abritant le plus grand nombre de demandeurs d’asile bloqués : 6 232 en Serbie et 5 534 en Bulgarie.

Les pays des Balkans ferment leurs frontières

La Slovénie, la Serbie et la Croatie ont annoncé le 8 mars la mise en place de nouveaux obstacles sur la « route des Balkans » que plus d’un million de migrants ont empruntée l’an dernier pour gagner le cœur de l’Europe.

Le rapport indique les endroits où les réfugiés se font refouler, ce qui est en théorie illégal. À la frontière entre la Bulgarie et la Turquie, ils se font renvoyer en Turquie, à la frontière bulgaro-serbe, ils se font refouler vers la Bulgarie et à la frontière entre la Serbie et la Macédoine, ils sont envoyés dans les deux directions. Enfin, à la frontière entre la Hongrie et la Serbie, les réfugiés se font renvoyer en Serbie et à la frontière entre la Hongrie et la Croatie, c’est encore une fois Budapest qui les refoule.

Par conséquent, la Bulgarie et les non-membres de l’UE, la Macédoine et la Serbie se retrouvent pris en étau, face à des migrants qui ne veulent pas vraiment rester là, mais qui ne peuvent pas continuer leur chemin.

L’évolution de la situation dépend de l’avenir de l’accord UE-Turquie, commente le rapport. Face à une arrivée massive de réfugiés, reste à savoir si les mécanismes et structures mis en place pour repousser violemment les demandeurs d’asile tout le long de la route des Balkans seront soutenables.

Des soldats pour arrêter les migrants ?

L’Associated Press a rappelé lundi dernier que lors d’une réunion à Prague, les responsables de la Défense de six pays d’Europe centrale et les Balkans s’était engagés à coopérer de manière plus étroite pour lutter contre l’immigration par tous les moyens possible, y compris par l’usage des forces armées.

Les pays – l’Autriche, la Croatie, la République tchèque, la Hongrie, la Slovaquie et la Slovénie – auraient créé un groupe intitulé Coopération sur la Défense de l’Europe centrale et voudraient servir d’exemple pour le reste de l’Union européenne.

Un des objectifs du groupe est de faire en sorte que les réfugiés qui veulent déposer une demande d’asile dans les pays de l’UE le fassent dans des centres situés en dehors du bloc.

Le ministre autrichien de la Défense, Hans-Peter Doskozil, aurait déclaré après la rencontre que son pays était en train de préparer un plan d’action détaillé pour que les armées des six pays s’entrainent lors d’exercices conjoints les prochaines semaines.

Les pays des Balkans ferment leurs frontières

La Slovénie, la Serbie et la Croatie ont annoncé le 8 mars la mise en place de nouveaux obstacles sur la « route des Balkans » que plus d’un million de migrants ont empruntée l’an dernier pour gagner le cœur de l’Europe.