Moscou et Pékin bloquent les sanctions contre le trafic de migrants

Photo de famille du G20. [European Commission]

Moscou et Pékin se sont opposés à une proposition européenne de sanctions contre les trafiquants qui font passer les migrants d’Afrique vers l’Europe, selon les informations obtenues par Euractiv.

Donald Tusk, le président du Conseil européen a fait circuler auprès des membres du G20 un document de soutien à sa proposition d’imposer des sanctions de l’ONU aux trafiquants d’êtres humains. L’idée a été discutée et a obtenu pas mal de soutien, selon un représentant impliqué dans les discussions, mais la Chine et la Russie s’y sont opposées.

Le gel des avoirs et l’interdiction de voyager sont les mesures minimales qui peuvent être prises à l’encontre des trafiquants au niveau mondial, avait déclaré Donald Tusk le premier jour du sommet du G20. « Malheureusement, je dois admettre qu’aujourd’hui, nous n’avons pas obtenu de soutien plein à ces minimas », a-t-il regretté.

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« Si cela ne change pas, ce sera une triste preuve de l’hypocrisie de certains membres du G20. […] Aujourd’hui, il est difficile d’être optimiste», a-t-il ajouté, enjoignant les dirigeants présents à se montrer « plus coopératifs » et « moins cyniques ».

Le sujet sera discuté par le G20 le 8 juillet, deuxième jour de la rencontre.

Le document de Donald Tusk souligne entre autres que « les principaux centres d’activités et itinéraires de ce trafic sont connus ». Environ 90 % des migrants qui arrivent en Europe ont pris la mer dans l’ouest de la Libye, dans les environs de la ville de Sabratha. Avant d’atteindre la côte, ils sont envoyés sur de fausses routes, et parqués dans certaines zones, comme  Sabha et Kufrah.

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Le business du trafic de migrants aurait généré pas moins de 1,6 milliard d’euros en Libye en 2016. Une partie de cet argent est utilisé pour financer des organisations terroristes dans le pays.

Outre les sanctions, le président du Conseil européen a proposé de renforcer la coopération policière et judiciaire entre les pays de la région, notamment via des forums comme Interpol, « afin de poursuivre les trafiquants en Libye et dans la région subsaharienne ».

Il suggère donc d’ajouter un paragraphe aux conclusions du G20 : « Nous nous engageons à lutter contre le trafic d’êtres humains. À cet effet, nous acceptons de mettre en place des sanctions ciblées de l’ONU contre les individus impliqués dans le trafic en Libye ».

L’UE œuvre également pour aides les pays d’origine des migrants, afin de limiter le nombre de départs. C’est notamment la raison pour laquelle le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique a été mis en place l’an dernier. Selon la Commission, il aurait bénéficié de 2,8 milliards d’euros.

Depuis le début de 2017, plus de 80 000 personnes, pour la plupart des migrants économiques, ont atteint les côtes italiennes. Plus de 2 000 personnes ont déjà trouvé la mort en tentant la traversée, et, selon les estimations de l’ONU et des ONG, ils sont encore plus nombreux à avoir succombé à la traversée du désert.

Le nombre élevé d’arrivées a d’ailleurs poussé Rome a demander davantage d’aide à ses partenaires européens.

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