Six pays membres refusent de signer le Pacte mondial sur l’immigration

Suivant l'exemple des États-Unis, six pays de l'UE s'opposent au Pacte onusien sur l'immigration. [Peter Foley/EPA/EFE]

Après la Hongrie et l’Autriche, la fronde s’emballe. La Bulgarie est le sixième pays de l’UE à ne pas vouloir signer l’accord mondial sur l’immigration.

En juillet 2018, le Pacte mondial pour des migrations sûres régulières et ordonnées a été approuvé par tous les membres des Nations unies, à l’exception des États-Unis, qui avaient fait marche arrière dès 2017. L’accord doit être signé en décembre à Marrakech, au Maroc.

Problème : un nombre croissant de pays européens sont en train de revenir sur leur décision. La Hongrie, dirigée par le parti de droite de Viktor Orbán, radicalement opposé à l’immigration, a indiqué ne pas vouloir signer le document. L’Autriche a décidé de faire de même, alors préside actuellement le Conseil de l’UE. Un choix regretté par la Commission européenne.

La République tchèque a suivi. À présent, Varsovie, qui s’est querellée avec Bruxelles au sujet de la relocalisation de demandeurs d’asile arrivés dans l’UE, menace de les suivre.

Même réticence de la part de la présidente croate, Kolinda Grabar-Kitarović, qui a déclaré ne pas vouloir signer le pacte de Marrakech, même si le gouvernement est encore officiellement pour.

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La Bulgarie est donc devenue le sixième pays de l’UE à s’opposer au pacte, dans le but de calmer les esprits dans le pays. Des manifestations ont explosé ce week-end suite à la hausse des prix des carburants et de l’énergie, menaçant la coalition fragile entre le GERB et les Patriotes unis. C’est le président du GERB, Tsvetan Tsvetanov, qui a annoncé le retrait du pacte sur l’immigration le 12 novembre.

Les Patriotes unis, alliance de trois groupes nationalistes et d’extrême droite, ont eux-mêmes attisé les tensions.

Dans ce contexte tendu, Kornelia Ninova, présidente du Parti socialiste bulgare, s’est illustrée en menant la charge contre le pacte sur l’immigration, qu’elle juge contraire à l’intérêt national. C’est pour reprendre le dessus sur la situation que le GERB a décidé de ne pas signer l’accord.

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Les détracteurs du pacte assurent que le texte ne fait pas assez clairement la différence entre immigration légale et illégale.

« Ces pays qui ont décidé d’abandonner le pacte de l’ONU sur l’immigration ne l’auraient pas fait s’ils avaient lu le texte », a estimé Jean-Claude Juncker, selon le porte-parole principal de la Commission, Margaritis Schinas. Le président de la Commission a vainement défendu l’idée d’une répartition égale des demandeurs d’asile entre les différents pays européens, afin de soulager les États de première ligne, comme l’Italie ou la Grèce.

Les représentants des États réfractaires ne signeront pas le pacte, mais celui-ci sera adopté de toute façon, par consensus ou grâce à un vote, a expliqué Maja Kocijancic, porte-parole de Federica Mogherini, responsable des affaires étrangères de l’UE.

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