Les tensions avec la Turquie accroissent l’immigration via la Grèce

Le nombre de réfugiés traversant les frontières terrestres de la Grèce est reparti à la hausse. Une situation exacerbée par les tensions politiques avec la Turquie.

Selon les données du HCR, en avril seulement, 2 900 personnes sont entrées en Grèce par des passages terrestres aux frontières du fleuve Évros, principalement des familles syriennes et iraquiennes.

Cette augmentation des flux migratoires via l’Évros serait le résultat des récentes tensions entre la Grèce et la Turquie.

Les autorités grecques soupçonnent les gardes-frontières turcs de fermer les yeux sur les tentatives d’incursion des réfugiés en Grèce, afin de faire pression sur Athènes et Bruxelles au sujet du report de la libéralisation des visas pour les ressortissants turcs.

Entre-temps, l’Agence européenne de protection des frontières et des garde-côtes (Frontex) s’est dite prête à renforcer son action à la frontière terrestre entre la Grèce et la Turquie en raison de l’augmentation des flux migratoires, a déclaré Natasha Bertaud, porte-parole de la Commission européenne.

Les îles grecques réclament une assistance immédiate

Au cours des quatre premiers mois de cette année, un total de 7 300 personnes sont entrées en Grèce, contre 4 761 arrivées l’année dernière, selon les données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Actuellement, plus de 13 500 réfugiés sont hébergés dans des installations temporaires d’une capacité de seulement 5 500 personnes sur les îles de Chios, Samos et Lesvos.

« Cette surpopulation crée des situations complexes et difficiles  », a déclaré Christiana Kalogirou, gouverneure de la région du nord de la mer Égée, lors d’une récente conférence sur la migration à Bruxelles.

« Depuis trois ans, dans les îles du nord de la mer Égée, nous en subissons toutes les conséquences, tant dans notre vie quotidienne que dans notre activité économique au sens large. Des conséquences qui, jour après jour, deviennent structurelles et rendent la gestion de la situation encore plus difficile », explique-t-elle.

Une nouvelle tranche d’aide européenne pour les réfugiés en Grèce

La Commission européenne a annoncé une nouvelle enveloppe d’aide de 180 millions d’euros pour soutenir des projets en Grèce, notamment le programme d’aide aux réfugiés. Un article de notre partenaire, Euroefe.

Les tensions récentes dans les camps causées par l’arrivée de nombreux réfugiés à Lesvos, Lagadikia et Diavata mettent en évidence le manque de coordination entre les autorités européennes et grecques.

En effet, les régions se retrouvent pratiquement seules face à l’augmentation des flux de réfugiés, sans orientation ni infrastructure adéquates. En outre, le fait que les régions n’ont pas accès directement au Fonds « asile, migration et intégration » (AMIF) entrave leur capacité de réponse aux besoins immédiats en matière d’accueil, de procédures d’asile et d’intégration des réfugiés.

« L’incapacité apparente du gouvernement à distinguer les réfugiés des migrants illégaux à l’arrivée a intensifié la situation, qui s’est encore aggravée en raison du manque de volonté politique et du temps perdu pour l’établissement d’un cadre juridique flexible pour l’asile », a déclaré l’eurodéputée Maria Spyraki (PPE).

L’accord migratoire UE-Turquie, une réussite sur le papier, mais un échec humanitaire

Deux ans après sa signature, l’accord d’immigration entre l’UE et la Turquie a fait chuter le nombre d’arrivées en Grèce. Mais les conditions de vie des réfugiés en Grèce restent catastrophiques. Un article de notre partenaire, Euroefe.

 

Selon elle, il est grand temps de faire la distinction entre réfugiés et migrants illégaux. « Ceux qui ne reçoivent pas l’asile devraient être hébergés dans des structures d’accueil fermées afin de pouvoir être renvoyé plus tard dans leur pays d’origine », a-t-elle déclaré.

L’eurodéputée Eliza Vozemberg (PPE) estime quant à elle que l’augmentation des arrivées est également une source d’inquiétude pour la saison touristique estivale. « Pendant la saison touristique, il est très probable qu’une fois de plus, nous assistions sur les îles grecques à des scènes comme celles que nous avons connues à l’été 2015, avec des conséquences douloureuses pour le tourisme et les économies locales. »

Position du Parlement européen

Dimitris Papadimoulis (GUE), vice-président du Parlement européen, a déclaré à Euractiv que le soutien du Parlement au gouvernement grec sur les questions relatives aux réfugiés était fort et démontré dans des résolutions qui soulignent les principes de solidarité et de répartition équitable des réfugiés entre les États membres.

« Dans le même temps, il y a un dialogue permanent au sein de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) et un soutien clair pour notre pays de la part d’une majorité des députés européens. Enfin, les eurodéputés de tout le spectre politique soutiennent fermement la résolution sur les enfants de migrants et de réfugiés, la poursuite du programme de relocalisation et la réunification des familles », a ajouté Dimitris Papadimoulis.

Au cours des quatre premiers mois de 2018, 18 939 réfugiés et immigrants sont entrés en Europe, contre 44 558 arrivées enregistrées l’année dernière, selon les données de l’OIM. En 2016, plus de 172 000 réfugiés sont arrivés sur les îles grecques, alors qu’un an plus tôt, ce chiffre était de 872 519, selon le Secrétariat général des médias et de la communication de la République hellénique.

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