Ska Keller appelle les États membres à suivre le Parlement sur la migration

Ska Keller [@Alexandros Michailidis]

Avant un sommet crucial de l’UE dédié à la migration, Ska Keller, co-présidente des Verts au Parlement européen, a appelé les États membres à avancer sur les questions de migrations et à s’inspirer de ce qui a déjà été accordé par les eurodéputés.

« Le Parlement européen a proposé, à une large majorité représentée par tous les pays et tous les partis, de remplacer le système de Dublin par des quotas contraignants de réfugiés. Les chefs d’État et de gouvernement devraient prendre cette proposition comme référence pour leur sommet. Il est grand temps de trouver une solution européenne basée sur le principe de solidarité », a déclaré Ska Keller, eurodéputée allemande (Verts).

« Le Parlement européen a fait sa part du travail, c’est maintenant au tour du Conseil européen de se retrousser les manches », a-t-elle ajouté.

Selon une source du gouvernement allemand, les chefs d’État aborderont les questions de migration jeudi soir lors d’un dîner. À la veille du sommet des 28 et 29 juin, cette source a déclaré que la position allemande n’avait pas changé : Angela Merkel mettra l’accent sur le principe de solidarité et une contribution équitable de la part des États membres.

Ska Keller partage ce point de vue, tout en insistant sur le fait que l’Italie et la Grèce ne peuvent pas traiter les demandes et loger toutes les personnes qui arrivent sur leurs îles pendant que d’autres pays ignorent tout simplement la situation.

Selon la source proche du gouvernement fédéral, tout est une question de cadre politique et tous les États membres s’accordent à dire que le système de Dublin doit être réformé. « C’est dans l’intérêt de tous les États membres. »

Quant à la question des accords bilatéraux entre les pays européens et de migration, la source a souligné qu’un certain nombre de pays européens avaient déjà des accords de cette sorte. « C’est principalement de la coopération administrative », a-t-elle précisé.

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Débarquement

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« La majorité des États membres estiment que cela doit être fait en collaboration avec l’agence des Nations unies pour les réfugiés et l’Organisation internationale pour les migrations », a expliqué la source allemande.

Pour Ska Keller, il s’agit d’une proposition qui va à l’encontre des droits de l’Homme. « Où seront ces plateformes de débarquement  ? Quelque part dans le désert ? Nous ne pouvons pas sous-traiter nos responsabilités de protéger ceux qui sont dans le besoin à d’autres pays où les droits de l’Homme sont terriblement bafoués et où la torture et l’asservissement sont monnaie courante, comme en Libye. »

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Plan directeur bavarois

Alors que la source du gouvernement allemand n’a pas souhaité faire de commentaires sur le conflit politique entre la CSU et la CDU, les deux partis conservateurs de la coalition au pouvoir à Berlin (aux côtés des socio-démocrates), Ska Keller a critiqué les manœuvres politiques de la Bavière.

« Ce qui se passe maintenant, c’est que le parti régional bavarois bloque toute avancée européenne, et il ne s’agit pas réellement de divergences d’opinions, mais d’un jeu de pouvoir, qui plonge l’UE dans une crise », a-t-elle assuré.

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L’eurodéputée allemande a souligné que le plan directeur sur la migration, sur lequel le ministre de l’Intérieur et responsable de la CSU, Horst Seehofer, appuie son argumentaire, n’a été consulté que par Angela Merkel et Alexander Dobrindt, chef de la CSU au parlement allemand.

« Même le secrétaire général du parti, Markus Blume, dit qu’il approuve ce plan directeur alors qu’il ne l’a pas vu », a-t-elle expliqué, qualifiant la situation politique actuelle de « ridicule ».

« La CSU ne fait preuve d’aucun sens de la responsabilité. Les élections en Bavière sont en octobre. Et on a déjà ce genre de choses en juin… c’est très inquiétant. »

« La CSU semble juste vouloir se débarrasser d’Angela Merkel et quel que soit l’accord trouvé par les États membres lors du sommet européen, le parti ne l’approuvera jamais », a conclu Ska Keller.

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