Trump fait l’apologie de la politique migratoire italienne

Conte-Trump-800x450

Donald Trump a salué la fermeté sur l’immigration du nouveau chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, reçu avec chaleur à la Maison Blanche, où le président des Etats-Unis a mis l’accent sur ses affinités avec le dirigeant européen populiste.
« Nous sommes tous les deux des outsiders en politique », a lancé le milliardaire républicain lors d’une conférence de presse commune.

« Mon gouvernement et l’administration Trump représentent tous deux le changement. Ils ont été choisis par les citoyens pour changer le statu quo et améliorer leurs conditions de vie », a renchéri Giuseppe Conte.

Selon la presse italienne, la visite à Washington de ce professeur de droit sans expérience politique devait lui permettre de se doter d’une stature internationale, lui qui, en Italie, est régulièrement dans l’ombre de ses deux encombrants vice-Premiers ministres qui l’ont choisi pour diriger le gouvernement: Luigi Di Maio, chef des antisystème du Mouvement 5 Etoiles, et Matteo Salvini, patron de la Ligue, une formation d’extrême droite.

Le président du Conseil italien a en tout cas reçu un hommage appuyé de Donald Trump pour sa politique migratoire résolument ferme, adoptée sous l’impulsion de Matteo Salvini, également ministre de l’Intérieur.

Conte «très satisfait» à l’issue du mini-sommet migration

Ils sont 16 chefs d’État à s’être rendus à Bruxelles le 24 juin pour un mini-sommet sur l’immigration. Les discussions, qui n’ont pas abouti à une déclaration officielle, auraient tourné autour d’une proposition de Rome.

 

« J’ai décrit au président Trump l’approche novatrice de l’Italie », a-t-il dit, assurant que, grâce au bras de fer engagé par Rome, le reste de l’Union européenne avait désormais la « responsabilité de ne pas laisser toute la charge de la gestion de l’immigration sur les épaules des pays » en première ligne face aux arrivées par la mer Méditerranée.

« C’est un homme qui fait un travail formidable », « je sais qu’il a une position très ferme à la frontière », a estimé le président américain, qui en a profité pour plaider la cause d’une réforme restrictive sur l’immigration aux États-Unis, qu’il peine à imposer au Congrès.

« Beaucoup d’autres pays en Europe devraient faire pareil », a estimé le locataire de la Maison Blanche, volontiers critique à l’égard de l’UE.

« Giuseppe » et « Donald » ont échangé plusieurs marques de chaleur et de proximité tout au long de leur rencontre, comme ils avaient commencé à le faire lors du sommet du G7, début juin au Canada, lorsque M. Trump avait trouvé le Premier ministre italien « super ». Ce dernier a assuré que son interlocuteur américain avait reconnu le rôle de l’Italie en faveur de la stabilisation de la Libye.

Amis de la Russie

Autre point commun entre les deux hommes: leur volonté d’améliorer les relations avec la Russie.

« L’Italie est favorable à un dialogue avec la Russie, mais l’Italie considère également que le dialogue entre les États-Unis et la Russie est fondamental », a dit l’Italien alors que le récent sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine a été vivement critiqué à Washington. Il a aussi estimé que les sanctions contre Moscou ne devaient pas être « une fin en soi », tout en reconnaissant qu’elles ne pourraient pas être levées du jour au lendemain.

Tout en défendant à nouveau sa « magnifique rencontre » avec le président russe, l’Américain a lui tenu à préciser que les sanctions américaines contre la Russie seraient « maintenues en l’état », soucieux de ne pas donner prise à ceux qui l’accusent de faiblesse face au maître du Kremlin.

Sur le commerce, les deux hommes partagent le même scepticisme à l’égard du libre-échange: M. Trump a dénoncé plusieurs accords internationaux comme l’Aléna (avec le Canada et le Mexique) ou l’accord de libre-échange transpacifique (TPP), tandis que le gouvernement de M. Conte refuse de ratifier l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA).

Donald Trump a toutefois estimé que « quelque chose » serait fait pour réduire le déficit commercial américain à l’égard de l’Italie.

Selon Nick Ottens, de l’Atlantic Council, le président américain « risque de ne pas trouver l’allié auquel il s’attend » avec le chef du gouvernement italien.

Sur les échanges commerciaux, le rejet par le nouveau gouvernement italien des accords multinationaux risque de compromettre l’objectif de M. Trump de parvenir à éliminer tout tarif douanier avec l’Union européenne, explique cet expert.

Conte et Macron lissent leurs différends après la tempête

Réunis à Paris, Emmanuel Macron et Giuseppe Conte, le nouveau président du conseil des ministres italien, ont fait montre d’amitié et de coopération après une semaine de déclarations acides au sujet de l’Aquarius.

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe