Un nouveau camp sera construit à Lesbos, mais les migrants resteront sans abri cet hiver

Le camp provisoire de Kara Tepe à Lesbos, mis en place par la Grèce avec l'aide de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), après l'incendie du camp de Moria. [EPA-EFE/ORESTIS PANAGIOTOU]

L’UE et les autorités grecques se sont accordées sur l’édification d’un nouveau centre d’accueil moderne sur l’île de Lesbos. Il remplacera celui de Moria, détruit dans un incendie. Mais en attendant, les migrants affronteront l’hiver sans abri. Un article d’Euractiv Italie.

Au lendemain de la destruction du camp surpeuplé de Moria, survenue en septembre dernier, le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, avait déclaré : « Nous sommes une famille de 27 pays, nous sommes le plus grand marché du monde, nous possédons 25 % de la richesse mondiale, il est inconcevable que l’Europe ne dispose pas encore de politique commune en matière de migration. » Des propos qui pouvaient laisser espérer une proposition européenne ambitieuse pour gérer la question migratoire, mais qui se sont finalement traduits par la piètre proposition de construire un camp plus moderne : « L’UE est non seulement prête à financer et à soutenir la construction de ce nouveau camp, mais aussi à examiner toute demande grecque visant à jouer un rôle plus actif dans la gestion du nouveau camp. »

Et il en a été ainsi. Le mémorandum qui vient d’être signé définit les responsabilités respectives et les domaines de coopération de la Commission européenne, des autorités grecques et des agences de l’UE. Il vient s’ajouter aux 121 millions d’euros de financements communautaires accordés à la Grèce le mois dernier pour la construction de trois autres petits centres d’accueil sur les îles de Samos, Kos et Leros. Là encore, les travaux de construction devraient être achevés d’ici à septembre 2021.

Après l’incendie de Moria, l’UE propose seulement un camp de réfugiés plus moderne

Après l’incendie qui a détruit le camp de Moria, sur l’île de Lesbos, la seule proposition de l’UE semble être de reconstruire un camp plus moderne, ce qui met en évidence la faiblesse des politiques d’immigration des États européens. Un article d’Euractiv Italie.

En attendant qu’une politique européenne ambitieuse voie le jour, ou, plus modestement, en attendant que les travaux de construction d’un camp de réfugiés où les conditions de vie seront décentes soient terminés, l’hiver arrive.

Immédiatement après l’incendie, les réfugiés ont commencé à camper sur les routes menant à la ville de Mytilène, sans pouvoir l’atteindre cependant. Les jours suivants, les premières aides provenant des ONG sont arrivées car, bien que certains mineurs aient été transférés vers d’autres pays de l’UE, plus de dix mille personnes sont restées sur l’île, et parmi elles de nombreux mineurs, principalement des Afghans et des Syriens. Environ 7 500 d’entre eux se trouvent dans un nouveau camp provisoire mis en place par les autorités grecques avec le soutien de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

Dans le camp qui sera construit l’an prochain, des espaces spécifiques devraient être aménagés pour l’assistance sanitaire immédiate et pour le sport. Des terrains de jeux, des maisons préfabriquées pour l’éducation, ainsi que des cuisines communes et des magasins pour les besoins essentiels devraient aussi être construits. Des salles spéciales seront conçues pour les personnes handicapées. L’idée générale est de mettre en place des conditions d’accueil conformes au droit communautaire et aux normes internationales, en particulier en matière de santé, de sécurité, d’installations sanitaires et d’alimentation.

Les pays de l'UE circonspects face à la proposition de pacte sur l’asile

Les États membres ont accueilli avec une grande prudence le nouveau pacte sur la migration et l’asile proposé par la Commission européenne, bien que tous admettent l’urgence de régler une question dans l’impasse depuis plus de cinq ans. Un article d’Euroefe.

« Gérer les migrations constitue un défi européen et aujourd’hui nous mettons en pratique la solidarité européenne », a commenté Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, faisant peut-être preuve d’un optimisme excessif. « Cet accord est un pas important vers une solution durable à Lesbos et pour garantir qu’une situation comme celle de Moria ne se reproduise plus jamais », a pour sa part déclaré la commissaire aux affaires intérieures, Ylva Johansson, soulignant qu’il s’agissait d’une première mise en œuvre concrète des principes directeurs du nouveau pacte sur l’immigration et l’asile.

Des programmes de retour volontaire assisté et de réintégration seront encouragés pour les personnes qui n’ont pas le droit de rester dans l’UE, mais une zone de détention sera également mise en place pour favoriser un retour effectif.

Le nouveau plan d’action de l’UE pour l’intégration et l’inclusion des migrants a été présenté par la Commission européenne aux États membres le 24 novembre dernier, mais il risque de ne pas être à la hauteur des défis. La plupart des domaines concernés – éducation, santé, emploi, logement – relèvent en fait de la responsabilité des gouvernements nationaux, ce qui signifie qu’il n’y aura aucune obligation légale pour les États membres de suivre le plan de la Commission en matière de reclassement et d’intégration. « Si Bruxelles imposait l’obligation d’inclure et d’intégrer, cela ne fonctionnerait pas, ce serait une mauvaise méthode », a déclaré Margaritis Schinas, le vice-président de la Commission, aux journalistes.

Mise en cause pour des refoulements illégaux, Frontex annonce des contrôles renforcés à l’interne

Accusée d’avoir procédé à des refoulements illégaux de migrants, l’agence Frontex annonce un contrôle accru du respect des règlements dans ses rangs. Elle devra aussi fournir des réponses à la Commission européenne d’ici à la fin du mois. Un article d’Euractiv Italie.

La migration constitue peut-être le thème qui divise le plus l’UE en ce moment. D’une part, il y a les pays méditerranéens qui, encore récemment, ont appelé à une plus grande solidarité européenne par le biais d’une déclaration commune signée à Palma de Majorque par les Premiers ministres espagnol Pedro Sánchez et italien Giuseppe Conte avec leurs homologues grec et maltais. D’autre part, il y a les quatre pays du groupe de Visegrad et d’autres États comme l’Autriche, qui sont totalement opposés à la redistribution et à l’accueil obligatoires. Entre les deux, les autres États membres affichent toute une série de positions dont il est difficile de synthétiser les nuances.

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