A bord de l’Ocean Viking, 356 migrants bloqués en mer

Photo prise le 14 août à bord de l'Ocean Viking. [MSF/EPA]

Les tribunaux italiens ont ordonné au navire de sauvetage espagnol, l’Open Arms, de débarquer à Lampedusa le 21 août. Mais 356 personnes se trouvent bloquées en mer à bord de l’Ocean Viking, un navire géré par MSF et SOS Méditerranée.

« Après toutes leurs expériences d’insécurité et leur voyage traumatisant depuis leur pays natal en passant par la Libye à bord de bateaux pneumatiques, tout report de la décision de les laisser débarquer dans un port sûr les exposera à nouveau à l’insécurité et l’anxiété », explique « Stefanie », responsable médicale de l’Ocean Viking, le bateau géré par SOS Méditerranée et Médecins Sans Frontières (MSF).

Le navire est bloqué en mer depuis le 13 août et a demandé le soutien des autorités maltaises et italiennes, selon MSF. Alors que Malte a refusé d’ouvrir ses ports au prétexte que le sauvetage n’avait pas eu lieu dans ses eaux territoriales, l’Italie a tout simplement décidé de ne pas répondre.

Depuis, aucun autre pays européen n’a proposé de port pouvant accueillir le bateau. La Commission européenne est au courant de la situation et a soulevé la question auprès des États membres.

« La Commission aimerait que les États membres fassent preuve du même esprit de solidarité avec les migrants de l’Ocean Viking qu’avec ceux de l’Open Arms », a déclaré la porte-parole de l’exécutif, Natasha Bertaud, citant le commissaire aux migrations, Dimitris Avramopoulos.

Il aura fallu 18 jours avant que l’Espagne propose à l’Open Arms d’accoster dans un de ses ports, et ce n’est qu’après l’intervention d’un procureur local que le navire a enfin été autorisé à s’amarrer à Lampedusa.

L’Ocean Viking compte actuellement 356 personnes à bord qui ont été secourues lors de quatre opérations différentes entre le 9 et le 12 août. Près d’un tiers des migrants sont mineurs, et 92 d’entre eux ont voyagé seuls.

« Dans notre clinique à bord, nous traitons les blessures physiques et nous essayons autant que possible de leur proposer un minimum d’aide psychologique. Ils ont pourtant besoin d’un soutien psychologique beaucoup plus grand que ce que nous pouvons leur proposer à bord du bateau en quelques jours », estime Stefanie.

La Commission rappelle que cela fait depuis longtemps qu’elle défend la mise en place d’un système européen commun pour la coordination et le débarquement et ainsi éviter ce genre de cas.

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Le 20 août au soir, un procureur italien a ordonné le débarquement sur l’île de Lampedusa d’une centaine de migrants du navire espagnol Open Arms, qui était resté bloqué en mer pendant 19 jours.

Madrid avait déjà proposé un port et d’escorter le navire jusqu’au pays, mais l’ONG a rejeté la proposition, soutenant que l’état grave des personnes à bord rendait un tel voyage « invivable ».

Le gouvernement espagnol a menacé de sanctionner l’ONG pour ses activités de recherche et sauvetage puisque son navire n’est autorisé qu’à transporter de l’aide humanitaire vers la mer Égée.

Après avoir visité le navire, Luigi Patronaggio, procureur en chef de la ville sicilienne d’Agrigente, a ordonné le débarquement immédiat des personnes à bord, qui seront maintenant relocalisées.

La Commission européenne a confirmé que l’Espagne, l’Allemagne, la France, le Portugal et le Luxembourg étaient prêts à accueillir ces migrants.

« Nous sommes prêts à coordonner la relocalisation et à fournir une aide opérationnelle aux autorités italiennes sur place », a confirmé un porte-parole de la Commission.

L’exécutif européen a toutefois reconnu que le processus pouvait prendre plus de temps que prévu étant donné la crise politique en Italie et le changement de dernière minute du port de débarquement. En effet, la Commission coordonnait l’opération avec les autorités espagnoles et non pas italiennes.

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