L’extrême droite européenne s’allie contre le Pacte sur la migration

[VRT Twitter]

Marine Le Pen et Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, ont dénoncé le Pacte de l’ONU pour les migrations lors d’un événement organisé par le Vlaams Belang au parlement flamand à Bruxelles le 8 décembre.

Pour Marine Le Pen et Steve Bannon, le Pacte de l’ONU pour les migrations est un pacte avec le diable. Signé le 10 décembre, le texte de l’ONU a soulevé une vague d’opposition en Europe, notamment du côté de l’extrême-droite.

Lors d’un événement organisé par le Vlaams Belangu au parlement flamand à Bruxelles le 8 décembre, l’ancien gourou qui a orchestré la campagne de Donald Trump et la présidente du Rassemblement national se sont opposés de concert au Pacte mondial, qui a déstabilisé la coalition gouvernementale belge ce week-end.

« Le but de cette rencontre est clair : mettre ce pacte suicidaire à la poubelle, où il devrait être », a commenté le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, avant d’accuser la N-VA de « ne rien faire » pour empêcher le pacte sur la migration. Le parti a pourtant quitté la coalition gouvernementale pour signifier son opposition à la décision du Premier ministre Charles Michel d’approuver le texte.

Le Pacte sur les migrations déchire le gouvernement belge

Le Premier ministre belge a pris la tête d’un gouvernement minoritaire, après la démission des ministres nationalistes flamands de la coalition gouvernementale, en raison d’une divergence profonde sur le Pacte de l’ONU sur les migrations.

« Le pays qui signe le pacte signe forcément un pacte avec le diable », a commenté Marine Le Pen. La responsable de l’extrême droite française, très applaudie pendant son discours, a assuré que les vents de l’histoire étaient favorables à sa force politique pour les élections européennes du 26 mai. Pour la première fois, il est possible d’envisager une alternative au leadership actuel de l’Europe et de remplacer les « dirigeants chancelants » comme Jean-Claude Juncker, a-t-elle dit.

« Le Pacte sur la migration est mort avant même d’avoir été signé », a déclaré Steve Bannon sur l’estrade du parlement flamand, avant de se réjouir d’avoir des leaders comme Donald Trump, Marine Le Pen ou Viktor Orbán « qui osent dire qu’ils ne veulent pas de ce pacte ».

Depuis plusieurs mois, l’Américain tente de rassembler les forces populistes de toute l’Europe, y compris la Ligue de Matteo Salvini en Italie, le VVD de Geerts Wilders aux Pays-Bas, le Rassemblement national de Marine Le Pen en France, et le parti séparatiste belge Vlaams Belang.

Cet été, il a annoncé qu’il mettait sur pied une fondation en Europe appelée Le Mouvement, avec laquelle il espère mener une révolte populiste de droite à travers le continent, à commencer lors des élections européennes de mai prochain.

Steve Bannon débarque en Europe pour épauler les populistes

L’ancien conseiller du Président Donald Trump compte se mettre au service de l’extrême-droite à l’occasion des prochaines élections européennes.

Le Pacte mondial pour des migrations sûres ordonnées et régulières a été approuvé en juillet par les 193 membres de l’ONU à l’exception des États-Unis, qui se sont retirés de l’accord l’année dernière. Le Pacte doit être formellement ratifié le 10 décembre.

Ce dernier a été élaboré alors que l’Europe assistait au plus grand afflux de migrants depuis la Seconde Guerre mondiale. Nombre d’entre eux fuyant les conflits et la pauvreté au Moyen-Orient, en Afrique et au-delà.

Ces derniers mois, l’opposition au pacte a pris de l’ampleur. Ses détracteurs affirment qu’il ne fait aucune distinction entre immigration légale et illégale.

Le Pacte sur les migrations, un texte non contraignant qui suscite la panique

Peu ambitieux et déjà validé, le Pacte sur les migrations de l’ONU qui doit être signé le 10 décembre prochain à Marrakech génère un vent de panique en Europe. Notamment en France et en Belgique.

 

« En élargissant son arène politique au niveau international avec Steve Bannon et Marine Le Pen, le Vlaams Belang gagne en crédibilité politique », a déclaré l’analyste de la RTBF Régis Dandoy, qui a déclaré que ce mouvement était habituellement centré sur la Flandre. « Le [Vlaams Belang] veut montrer aux électeurs qu’il est capable d’avoir des relations avec d’autres pays, comme les États-Unis, la France ou la Hongrie », a expliqué Régis Dandoy.

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