Comment fonctionne la semaine de 4 jours de travail voulue par la Finlande

La Première ministre finlandaise, Sanna Marin. [Laura Kotila/Valtioneuvoston kanslia]

La Première ministre finlandaise, Sanna Marin, a annoncé vouloir réduire le temps de travail hebdomadaire dans son pays. Tour d’horizon des expériences déjà tentées ailleurs dans le monde. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Six heures de travail par jour, quatre jours par semaine. Voici à quoi pourrait bientôt ressembler la semaine type des Finlandais. Aujourd’hui, ils travaillent généralement huit heures par jour, cinq jours par semaine, selon le quotidien britannique The Daily Mail.

La Première ministre, Sanna Marin, a dit son intention de réduire ce temps de travail hebdomadaire des salariés finlandais, il y a quelques jours lors du 120e anniversaire du parti Social-Démocrate finlandais. C’est ce que rapporte l’hebdomadaire de langue anglaise spécialisé dans l’actualité européenne New Europe.

« Je crois que les gens ont le droit d’avoir plus de temps à consacrer à leurs familles, à leurs proches, à leurs loisirs ou à la culture », a dit Sanna Marin.

Avec l'élection de Sanna Marin, la Finlande se dote d'une coalition gouvernementale 100% féminine

Le parti social-démocrate finlandais a élu la ministre des Transports Sanna Marin au poste de Première ministre le 8 décembre. Les cinq personnes à la tête des partis au pouvoir sont désormais des femmes.

Si la mesure était appliquée, les employeurs finlandais ne seraient pas les premiers à réduire le temps de travail de leurs salariés. Ces dernières années, plusieurs entreprises ou administrations ont opté pour des semaines de travail plus courtes, à salaire égal. Et souvent, ça marche.

Employés « plus efficaces et plus énergiques »

En 2015, la municipalité de Göteborg, en Suède, a ainsi décidé de faire passer 80 employés d’une maison de retraite municipale à la journée de six heures, sans perte de salaire.

Pour eux, les résultats ont été positifs. Ils disaient « travailler de façon plus énergique et efficace », selon les conclusions d’un rapport publié par les autorités locales et relayé par le quotidien américain The New York Times.

Raccourcir la journée de travail a également permis de faire chuter les arrêts maladie de 15 %, chez les salariés concernés.

Et pour compenser à ce temps de travail plus court, la municipalité a dû embaucher. 17 postes ont été créés, pour un coût de quelque 700 000 € par an. Bien pour l’emploi local, mais trop cher pour la mairie, rapportait encore le New York Times… Résultat, l’expérience s’est achevée deux ans plus tard.

La journée de travail raccourcit, les bénéfices bondissent

En revanche, toujours à Göteborg, un autre employeur a testé la journée de six heures et l’a appliquée sur le long terme : le constructeur automobile japonais Toyota.

Le centre technique de l’entreprise dans la ville a raccourci la journée de travail de ses employés en 2002, rapportait en 2015 le quotidien britannique The Guardian. 36 mécaniciens étaient alors concernés.

Avant, ils travaillaient 8 heures par jour, de 7 h à 16 h, avec une pause d’une heure. Et ça ne fonctionnait pas très bien : les employés étaient souvent stressés, commettaient des erreurs, et les temps d’attente des clients étaient plutôt longs, explique Martin Banck, le directeur général du site, au Guardian.

L’entreprise a alors décidé de réduire le temps de travail quotidien de ses salariés, toujours à salaire équivalent. Résultat, aujourd’hui, le centre de service est ouvert de 6 h du matin à 18 h.

Et les employés ? « Ils se sentent mieux , dit encore Martin Banck. […] Ils utilisent les machines de manière plus efficace, ce qui permet de faire baisser les coûts de fonctionnement ». Entre 2002 et 2015, les bénéfices du site de Göteborg ont d’ailleurs bondi de 25 %.

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