L’Europe va-t-elle mettre fin à l’heure d’été en France ?

C'est l'Empire germanique qui a instauré le changement d'heure.

Le Parlement européen doit adopter une résolution qui pourrait bien changer la vie des 510 millions d’Européens, dont 67 millions de Français. Il s’agit de mettre un terme au changement d’heure deux fois par an. Exit l’heure d’été ? Un article de notre partenaire, Ouest-France

Les députés européens devraient adopter une résolution, ce jeudi à midi, destinée à mettre fin au changement d’heure bisannuel dans l’Union européenne. La France serait alors à l’heure GMT + 1 toute l’année.

Le train législatif roulant bien moins vite qu’une rotation terrestre autour du soleil, la Commission européenne sera ensuite invitée à s’emparer du sujet, pour convaincre les dirigeants des 28 États membres.

La suppression du passage à l’heure d’été est plus importante qu’il n’y paraît aux yeux de Pavel Svodoba, parlementaire tchèque du groupe PPE (la droite européenne) et président de la commission Justice : « En raison du changement d’heure, nous voyons plus d’accidents, plus de perturbations dans les familles et la société, plus de problèmes de santé… ».

Un lien avec le taux de suicide

L’élu tchèque s’appuie sur plusieurs études publiées en Europe. En 2016, l’équipe finlandaise du Docteur Jori Ruusskanen, de l’université de Turku, a ainsi constaté qu’au cours des deux jours qui suivent le passage à l’heure d’été, le taux global d’accidents vasculaires cérébraux était de 8 % plus élevé. Le service de recherche du Parlement européen a aussi compilé les avis de récents prix Nobel de médecine sur la puissance du biorythme humain. 20 % des personnes souffriraient de problème de santé « pour synchroniser » le brutal changement d’heure, et principalement les enfants.

Enfin, des organismes européens de sécurité routière notent une augmentation des accidents de piétons, le soir, après le retour à l’heure d’hiver.

De nombreux rapports médicaux tendent aussi à démontrer un lien de causalité entre le changement d’heure, la consommation de somnifères et le taux de suicide. C’est ce dernier qui a poussé la Russie à abandonner le passage à l’heure d’été, en 2011.

Les 70 députés « chronophiles », qui mènent ce combat contre l’heure d’été, battent aussi en brèche l’argument de l’économie d’énergie. C’est pour lutter « contre le gaspillage de la lumière » selon le mot du Britannique William Willet, que trois pays pionniers – l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France – ont lancé le changement d’heure, en 1916, suivi par les États-Unis, en 1918. Les trois pays européens ont avancé d’une heure sur l’heure du méridien de Greenwich.

Aux États-Unis, l’université de l’Indiana, qui a dressé le bilan énergétique de l’heure d’été, estime qu’il ne tient plus. Les éclairages privés et publics sont nettement plus économes en énergie. Ce sont désormais les appareils de climatisation qui tournent et dévorent davantage de courant électrique.

En 2015, la Commission européenne a reconnu « des problèmes possibles de santé ». Concernant le gain d’énergie, la dernière étude date de 2010.

Brigitte Macron est pour l’heure fixe

La suppression du changement d’heure est désormais soutenue par une multitude d’associations qui font du lobbying dans toute l’Union européenne. La Méridienne ou l’Association contre l’heure d’été double (Ached) sont les plus actives, en France. Après des années de lutte, Éléonore Gabarain, présidente de l’Ached, se réjouit d’avoir eu, en octobre 2017, « l’oreille » de Brigitte Macron, l’épouse du président, à qui elle a envoyé son livre, Au musée des erreurs, l’heure d’été – Les victimes d’une légende (Edilivre).

Dans l’UE, de plus en plus de pays souhaitent revenir sur ce changement d’heure bisannuel. En Pologne, une commission parlementaire a déjà voté pour sa suppression. Selon les comptes d’Éléonore Gabarain, « la Finlande, la Hongrie, la République Tchèque et les pays baltes sont eux aussi très sceptiques par rapport au système ». Dans le monde, une dizaine de pays y ont renoncé au cours de la dernière décennie, dont la Turquie en 2016.

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